Le bilan 2025 de TotalEnergies EP Gabon révèle une mécanique comptable intéressante : si le bénéfice net a pu se maintenir à 46 millions dollars , il le doit en grande partie à une baisse significative de la pression fiscale. Dans un contexte où le chiffre d’affaires a reculé de 10 % (passant de 465 millions de dollars à 418 millions de dollars), la charge d’impôts a, de son côté, diminué de manière spectaculaire, offrant un « bonus » de +54 millions dollars au résultat final de l’entreprise.
Cette bouffée d’oxygène fiscale a permis de compenser des vents contraires violents. La chute du prix de vente moyen du brut commercialisé par la société a en effet amputé les revenus de 60 millions dollars , tandis que le recul de la production a pesé à hauteur de 27 millions dollars . Sans cet allègement de la charge fiscale, le résultat net de la filiale aurait frôlé l’équilibre, marquant une rupture nette avec les performances historiques de l’opérateur.
Sur le plan opérationnel, la production a fléchi de 6 % pour s’établir à 16 000 barils par jour. Ce repli est la conséquence directe des arrêts planifiés sur les champs phares d’Anguille et de Torpille. Si ces travaux d’intégrité ont pesé sur les volumes extraits, ils étaient indispensables pour garantir la pérennité de l’exploitation. Cependant, l’entreprise a fait preuve d’agilité en augmentant ses volumes vendus de 7 %, atteignant 6,1 millions de barils grâce à une gestion optimisée des stocks.
Outre la fiscalité, la réduction des autres charges d’exploitation a également contribué positivement à hauteur de 12 millions dollars . Ces gains d’efficacité ont permis de limiter l’impact de la hausse des amortissements et de la baisse des produits financiers. En effet, la rémunération des dépôts de trésorerie a chuté de 14 millions dollars , signe d’une baisse des taux d’intérêt ou d’une utilisation plus intensive des liquidités pour le financement des opérations et des dividendes.
In fine, l’exercice 2025 démontre la sensibilité du modèle économique de TotalEnergies EP Gabon aux variables exogènes. Si l’optimisation des stocks et la maîtrise des coûts opérationnels restent des leviers internes majeurs, c’est bien la flexibilité fiscale inhérente aux contrats de partage de production qui a permis de préserver un résultat net positif. Un constat qui place l’État gabonais et la major dans un équilibre financier partagé face à la volatilité du marché pétrolier.














