Le secteur bancaire gabonais a connu une forte expansion en 2025, sans que cette croissance ne modifie profondément la concentration du marché. Selon les données de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), reprises dans le prospectus obligataire de la République gabonaise, le total des actifs bancaires a progressé de 27,1 % pour atteindre 5 794 milliards fcfa à fin décembre 2025. Cette évolution s’accompagne d’une augmentation des crédits, dans un secteur où trois établissements continuent de contrôler l’essentiel des financements distribués.
BGFIBank Gabon, AFG Bank Gabon et l’Union gabonaise de banque (UGB) concentrent à eux seuls environ 78 % des crédits du marché, selon les parts respectives de 40 %, 19 % et 19 % indiquées dans le prospectus. Cette répartition témoigne du poids des principaux groupes bancaires dans le financement de l’économie nationale. Au total, huit banques étaient opérationnelles au 31 décembre 2025, tandis que l’arrivée de nouveaux établissements devait contribuer à élargir l’offre de services financiers.
L’activité de crédit a néanmoins progressé. Les prêts bruts accordés par les banques ont augmenté de 12,4 % à 2 577 milliards fcfa, tandis que les dépôts de la clientèle ont atteint 3 253 milliards fcfa. Les crédits nets, après prise en compte des provisions, s’établissent pour leur part à 2 375 milliards fcfa. Cette croissance témoigne d’une augmentation des financements bancaires, même si les entreprises de petite taille continuent de rencontrer des difficultés d’accès au crédit.
La qualité du portefeuille bancaire demeure également un sujet de vigilance. Les créances en souffrance ont progressé de 21,4 % à 250,7 milliards fcfa en 2025. Le prospectus relie notamment cette évolution aux difficultés de trésorerie des entreprises, aggravées par l’accumulation des arriérés de paiement publics. Parallèlement, les provisions constituées par les banques pour couvrir les créances douteuses ont augmenté à 202 milliards fcfa, contre 153,6 milliards un an auparavant.
Les autorités gabonaises souhaitent désormais favoriser une participation plus importante des banques au financement des entreprises et des infrastructures. Le renforcement des garanties, l’amélioration de la sécurité foncière et le développement de nouveaux instruments financiers figurent parmi les leviers identifiés. Dans un marché où le volume des actifs augmente rapidement, la question centrale demeure celle de l’orientation du crédit vers les activités productives et les entreprises capables de soutenir la diversification économique.













