Gabon : les recettes forestières sont passées de 0,12% à 0,22% du PIB entre 2020 et 2023

Les réformes fiscales appliquées au secteur forestier ont permis au Gabon de faire progresser ses recettes de 0,12% du PIB en 2020 à 0,22% en 2023, selon la Banque mondiale. Dans sa Revue des Finances Publiques du Gabon 2026, l’institution relève que les mesures introduites depuis la loi de finances rectificative de 2020 ont contribué à renforcer le rendement fiscal de la filière. Le poids des recettes forestières dans le PIB a ainsi presque doublé en trois ans. Cette progression intervient alors que la filière reste l’un des principaux secteurs de diversification hors pétrole. 

En valeur, les recettes fiscales forestières ont atteint 26 milliards fcfa en 2023. Le secteur reste un pilier significatif de l’économie nationale : il représente près de 4% du PIB et environ 20% des emplois privés formels, tandis qu’une centaine de concessions couvrent 14,7 millions d’hectares. La Banque mondiale rappelle également que l’interdiction des exportations de grumes et la création de la zone économique spéciale de Nkok ont favorisé le développement de la transformation locale. La filière dispose ainsi d’une base industrielle plus large qu’avant 2010. 

La progression des recettes intervient après plusieurs changements de fiscalité, notamment la suppression de la taxe sur l’abattage des grumes et l’introduction du droit à l’exportation. La Banque mondiale estime que ces réformes ont contribué à faire passer les recettes forestières de 0,12% à 0,22% du PIB entre 2020 et 2023. Le rendement reste toutefois inférieur à celui observé dans certains pays voisins. Le Cameroun, par exemple, percevrait environ quatre fois plus de recettes forestières par hectare malgré une superficie exploitée inférieure. 

Le potentiel de croissance reste important. Avec une production moyenne d’environ 3 millions de mètres cubes de grumes par an, le Gabon n’exploiterait actuellement que 40 à 50% de son potentiel de production durable. Le rapport estime que la production pourrait augmenter de 3 à 5 millions de mètres cubes supplémentaires tout en maintenant des pratiques durables. Cette marge repose notamment sur une diversification vers des essences aujourd’hui moins exploitées, alors que la production reste concentrée sur un nombre limité d’espèces. 

La Banque mondiale identifie également une marge de productivité de 35 à 40% grâce à une utilisation plus large de technologies modernes et à des investissements dans les infrastructures. Le développement de nouvelles essences, la modernisation des équipements et une transformation industrielle plus poussée pourraient ainsi accroître à la fois la production, la valeur ajoutée et les recettes fiscales. Le rapport souligne néanmoins que l’électricité, le transport, les financements et la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée restent déterminants pour concrétiser ce potentiel. Une montée en gamme industrielle dépendra également de la capacité des produits gabonais à respecter les normes internationales de qualité. 

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