Le Gabon dispose depuis septembre d’un nouveau chiffre officiel de ses engagements financiers : 9 524,643 milliards fcfa de dette et de passifs exigibles au 31 décembre 2025. Mais l’achèvement de cet audit ne ferme pas encore le dossier de la dette avec le Fonds monétaire international. À l’issue de sa dernière mission, l’institution a annoncé que les discussions techniques sur la dette publique, la situation budgétaire et les perspectives économiques se poursuivront au cours des prochaines semaines.
L’enjeu tient notamment à l’ampleur de la révision opérée par l’audit. Au lancement des travaux, les engagements recensés approchaient 11 700 milliards fcfa. Le montant final est inférieur de 2 175,357 milliards fcfa. Le gouvernement précise que cet écart ne correspond pas à une dette remboursée : il résulte de vérifications, corrections, consolidations et reclassements. Autrement dit, l’audit a modifié le périmètre et la comptabilisation des engagements beaucoup plus qu’il n’a réduit les sommes effectivement payées par le Trésor.
Ce retraitement a eu un effet majeur sur le principal indicateur d’endettement. Sur la base d’un PIB nominal 2025 rebasé à 13 822 milliards fcfa, le ratio ressort désormais à 68,91 % du PIB, juste sous le plafond communautaire de 70 % retenu dans la CEMAC. Le chiffre est beaucoup plus favorable que celui qui aurait résulté du stock initial de près de 11 700 milliards. Mais le rapport transmis au FMI doit désormais être articulé avec les données budgétaires, les échéanciers de remboursement et les projections macroéconomiques utilisées pour construire un éventuel programme.
La contrainte financière, elle, reste importante. Pour 2027, les seuls intérêts de la dette sont projetés à 667,3 milliards fcfa, contre 487,6 milliards dans la loi de finances rectificative 2026, soit une progression proche de 37 %. Les amortissements atteindraient parallèlement 1 880 milliards fcfa, auxquels doivent s’ajouter 142,9 milliards d’arriérés à apurer. La clarification du stock ne supprime donc pas la pression exercée par les échéances sur la trésorerie publique.
C’est sur cette articulation entre stock, coût et capacité de remboursement que se poursuivent désormais les échanges avec Washington. Le FMI ne dit pas, dans son communiqué, qu’il rejette les 9 524,6 milliards fcfa établis par l’audit. Il indique en revanche que l’évolution de la dette et du budget doit encore être examinée avant l’étape suivante. Pour Libreville, l’enjeu est donc désormais de faire correspondre la nouvelle photographie comptable avec une trajectoire budgétaire permettant de financer les dépenses publiques tout en faisant face aux échéances déjà accumulées.













