Deux mois après avoir levé 920 millions de dollars, soit environ 525,4 milliards fcfa, le Gabon prépare une nouvelle sortie sur les marchés internationaux pour 580 millions de dollars, environ 332 milliards fcfa. Selon Bloomberg, l’opération envisagée porterait sur une maturité de huit ans et BofA Securities aurait été mandatée comme chef de file. Si elle aboutit, Libreville aura ainsi mobilisé 1,5 milliard de dollars sur les marchés internationaux en 2026, soit près de 858 milliards fcfa en quelques mois. La première émission, conclue le 30 juillet, portait un coupon de 9,375 %, avec un différé d’amortissement de trois ans et une échéance en 2033.
Le montant de 580 millions de dollars n’est toutefois pas déconnecté du cadrage budgétaire de l’année. Il correspond au reliquat laissé par le plafond de 1,5 milliard de dollars d’emprunts internationaux autorisés en 2026 après l’Eurobond de juillet. La Direction générale de la dette indiquait alors que les 920 millions de dollars devaient notamment financer les projets du Plan national de croissance et de développement 2026-2030 et le règlement d’arriérés. Le nouveau recours au marché montre donc que Libreville entend utiliser la totalité de la capacité d’endettement extérieur prévue pour l’exercice, et non s’arrêter à la première émission.
Cette seconde opération intervient surtout à quelques mois d’un exercice 2027 qui reposera encore largement sur l’endettement. Le projet de loi de finances adopté le 18 septembre prévoit un budget de 6 223,1 milliards fcfa, dont 2 931,4 milliards fcfa de ressources de trésorerie et de financement. À elles seules, les levées prévues sur le marché financier international représentent 1 144,1 milliards fcfa. Le gouvernement prévoit également 600 milliards fcfa à mobiliser sur le marché sous-régional ou intérieur, 300 milliards de dette bancaire, 287,3 milliards de prêts-projets et 600 milliards d’appuis budgétaires. Autrement dit, près de 47 % des ressources inscrites au budget 2027 ne proviendraient pas des recettes budgétaires proprement dites.
Le rythme des levées intervient en outre alors que la facture du financement augmente. Pour 2027, les charges financières de la dette sont projetées à 667,3 milliards fcfa, contre 487,6 milliards fcfa dans la prévision révisée de 2026, soit une progression proche de 37 %. Les besoins de trésorerie doivent eux aussi augmenter de 679,6 milliards fcfa entre 2026 et 2027. La problématique n’est donc plus seulement celle de l’accès au marché, que le Gabon a retrouvé en juillet, mais celle du coût auquel il y accède et de l’accumulation des remboursements futurs à mesure que les nouvelles émissions se succèdent.
Cette accélération de l’endettement externe se produit enfin pendant que Libreville discute avec le Fonds monétaire international d’un éventuel nouveau programme. Après sa mission du 14 au 25 septembre, le FMI a indiqué avoir travaillé avec les autorités sur les conclusions de l’audit de la dette publique, l’évolution des finances publiques et les choix budgétaires pour 2027. Les discussions techniques doivent se poursuivre avant l’ouverture éventuelle de négociations formelles. Dans cette séquence, la levée supplémentaire de 580 millions de dollars permettrait au Gabon de boucler le plafond international prévu pour 2026, mais elle précède surtout une nouvelle année où le pays prévoit déjà de demander plus de 1 100 milliards fcfa aux marchés extérieurs.













