Le 6 juillet, le Secrétaire Général du Gouvernement Abdu Razzaq Guy Kambogo a présidé la cinquième réunion du Comité technique de coordination opérationnelle sur l’interdiction d’importation du poulet de chair, fixée au 1er janvier 2027. Une commande de 3 millions de poussins d’un jour doit être engagée dès le 17 juillet, avec une première livraison de 262 400 unités en septembre. Sur le papier, le calendrier paraît précis. Dans les faits, il repose sur une chaîne d’exécution encore fragile.
Les chiffres avancés impressionnent : 3 800 tonnes annuelles projetées pour la plaine d’Ayémé, 1 200 tonnes pour le Woleu-Ntem, soit 5 000 tonnes cumulées. Mais ces projections concernent une filière qui doit encore résoudre, de l’aveu même des participants à la réunion, des difficultés de financement, des contraintes foncières, un réseau routier défaillant et un accès à l’eau jugé insuffisant. Six sites doivent être équipés en kits solaires, faute de raccordement électrique classique. Autant de chantiers non finalisés à dix-huit mois de l’échéance.
Le Secrétaire Général du Gouvernement a lui-même appelé à une intensification des efforts et à une meilleure coordination entre administrations et opérateurs privés, une formulation qui, en creux, reconnaît que le rythme actuel ne suffit pas. Le communiqué officiel ne précise ni le montant total des investissements engagés à ce jour, ni la source de financement des travaux d’aménagement confiés au Génie militaire, ni le nom des opérateurs privés associés au projet.
L’enjeu n’est pas seulement agricole, il est aussi budgétaire. Une interdiction d’importation sans production nationale suffisante ferait peser un risque direct sur les prix du poulet de chair pour les ménages gabonais, produit de consommation courante. Le Plan Opérationnel d’Urgence de la Filière Avicole prévoit une montée en puissance progressive, mais aucun scénario de repli n’a été communiqué publiquement si les objectifs de production ne sont pas atteints à l’échéance du 1er janvier 2027.
Il s’agira désormais de suivre l’exécution effective des livraisons de poussins annoncées pour septembre, ainsi que la publication, ou non, d’un bilan financier détaillé du POUFA. La différence entre les intentions affichées lors de ces réunions successives et les tonnages effectivement produits sur le terrain dira si cette troisième tentative de souveraineté avicole rompt avec les précédentes.














