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Gabon : production en baisse mais quotas OPEP pulvérisés à 220 000 barils par jour en mai 2026

​ Le Gabon profite des tensions géopolitiques mondiales pour ouvrir grand ses vannes, quitte à s’affranchir des règles internationales. Selon la dernière enquête Reuters publiée mercredi dernier, la production de brut du pays s’est établie à 220 000 barils par jour (bpj) au cours du mois de mai 2026. Si ce volume affiche un léger fléchissement technique de 10 000 bpj par rapport au mois d’avril (230 000 bpj), le rythme d’extraction imposé sur les plateformes nationales reste ultra-soutenu et démontre une volonté claire de maximiser l’exploitation de l’or noir gabonais.

​Ce maintien des volumes met en lumière un contournement flagrant des objectifs fixés par l’OPEP+. Pour le mois sous revue, le cartel pétrolier avait assigné à Libreville un plafond strict de 169 000 bpj. En pompant réellement 220 000 bpj, les autorités gabonaises ont pulvérisé ce quota de 51 000 barils supplémentaires par jour, soit un dépassement massif de plus de 30 %. Alors que les géants du Golfe subissent de plein fouet les blocages logistiques du détroit d’Ormuz liés au conflit en Iran, le Gabon s’installe confortablement aux côtés du Nigeria dans le camp des pays qui s’exemptent des restrictions pour inonder le marché.

​L’enquête de Reuters révèle un choix politique encore plus agressif : Libreville n’a planifié aucune baisse compensatoire en mai pour rattraper la surproduction accumulée les mois précédents. Ce choix délibéré du fait accompli intervient alors que les cours mondiaux de l’énergie s’envolent, portés par une déstabilisation de l’offre globale. Avec un Brent en hausse de +3,13 % et un WTI à +3,41 %, chaque baril produit au-delà de la limite réglementaire se transforme instantanément en une source de profits exceptionnels pour l’appareil d’État.

​Pour le gouvernement, cette surproduction non déclarée représente un enjeu financier crucial, mais elle pose aussi de lourdes questions de transparence. Ces millions de dollars de recettes fortuites, générés hors des clous de l’OPEP+, offrent une bouffée d’oxygène majeure pour financer les grands chantiers du pays. Toutefois, dans un climat national où la gestion des ressources et de la dette publique est scrutée de près par l’opinion, l’utilisation réelle de cette manne pétrolière exceptionnelle de mai 2026 devra rapidement sortir de l’opacité.

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