Gabon : sur 100 fcfa encaissés par l’État, près de 85 fcfa sont partis dans le service de la dette en 2025

En 2025, le service de la dette publique gabonaise a représenté 84,9 % des recettes publiques, selon les Perspectives économiques en Afrique centrale 2026 de la Banque africaine de développement. Présenté simplement, ce ratio signifie que pour 100 fcfa de recettes publiques, l’équivalent de près de 85 fcfa devait être mobilisé pour couvrir les remboursements et autres charges entrant dans le service de la dette. La proportion était déjà très élevée en 2024, à 69,3 %, mais elle a encore progressé de 15,6 points en un an. 

Ce chiffre ne signifie pas que l’État ne disposait littéralement que de 15 fcfa sur 100 pour faire fonctionner les écoles, les hôpitaux, payer les agents publics ou construire des infrastructures. Les opérations de financement et de refinancement permettent notamment de gérer une partie des échéances. Il mesure néanmoins la pression extrêmement élevée exercée par la dette sur les ressources budgétaires et permet de comprendre pourquoi un calendrier de remboursements chargé peut rapidement provoquer des tensions de trésorerie. 

Le Gabon se distingue nettement de la moyenne communautaire. Dans l’ensemble de la CEMAC, le service de la dette représentait 37 % des recettes publiques en 2025. Le Cameroun se situait à 31,2 %, la Centrafrique à 25,1 %, le Tchad à 15,6 % et la Guinée équatoriale à 7,4 %. Le Gabon partage avec le Congo le ratio de 84,9 %, alors que Brazzaville est déjà classé en situation de surendettement. 

Cette évolution s’accompagne d’une détérioration de l’évaluation du risque souverain. La BAD indique que le Gabon est passé d’un risque de surendettement modéré à un risque élevé. Elle cite parmi les principales vulnérabilités régionales la pression sur les liquidités, l’accumulation d’arriérés et le recours, notamment au Gabon et au Congo, à des reprofilages coûteux de dette intérieure. Autrement dit, le problème concerne à la fois la taille des engagements et les conditions auxquelles ils doivent être remboursés ou refinancés. 

La BAD estime que cette pression réduit l’espace budgétaire disponible pour financer les priorités de développement. Elle rappelle qu’entre 2021 et 2023, la majorité des pays de la CEMAC consacraient déjà davantage de ressources au paiement des intérêts de la dette qu’aux dépenses publiques de santé. Pour le Gabon, la forte progression du service de la dette fait donc du calendrier des échéances, du coût des refinancements et de la mobilisation des recettes trois paramètres centraux de la capacité de l’État à maintenir ses autres dépenses. 

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