La fiscalité gabonaise resserre l’étau sur les importations de vin et de tabac. Le nouvel article 250 du Code Général des Impôts fixe un taux d’accise de 32% sur les vins d’importation, assorti d’une taxe spécifique de 1 750 fcfa par litre. Même régime pour les cigarettes, cigares, cigarillos, tabacs et cartouches de vapotage, taxés eux aussi à 32%, avec une taxe spécifique de 250 fcfa par paquet.
Les champagnes ne sont pas épargnés non plus, logés à la même enseigne que le vin d’importation avec un taux de 32% et une taxe spécifique fixée à 2 250 fcfa par litre. Un alignement qui confirme que le législateur traite l’ensemble des produits d’importation à forte marge comme des cibles fiscales de choix pour renflouer des caisses en difficulté.
Ces droits d’accises sont perçus selon les mêmes modalités que la TVA, sur un imprimé fourni par l’administration. Et la destination de ces recettes ne doit rien au hasard : elles alimentent le Fonds National pour le Développement du Sport et financent des investissements spécifiques, un fléchage qui transforme chaque bouteille de vin importée en contribution indirecte au sport gabonais.
Ce tour de vis intervient dans un contexte budgétaire tendu, où les recettes fiscales globales chutent de 617 milliards de fcfa par rapport à la loi de finances initiale. Taper sur les biens de consommation importés jugés non essentiels reste un classique de l’ajustement budgétaire, plus facile à faire passer politiquement qu’une hausse généralisée de la TVA.
Pour le consommateur gabonais habitué à sa bouteille de vin français ou son paquet de cigarettes importé, la note va grimper mécaniquement dès l’entrée en vigueur du texte. Reste à savoir si l’administration fiscale aura les moyens de collecter effectivement ces accises, sachant que le contrôle aux frontières et la lutte contre la contrebande restent un défi structurel pour les douanes gabonaises.














