Libreville : ces épaves qui transforment la chaussée en piège pour automobilistes et piétons

Rouille, pare-chocs arrachés, verre brisé au sol : les véhicules abandonnés qui jonchent plusieurs axes pavés de la capitale ne sont pas seulement une nuisance esthétique. Ils constituent un risque routier concret, mal évalué jusqu’ici par les autorités compétentes, dans un pays où l’accidentalité repart nettement à la hausse. Selon les données provisoires de la Direction générale de la sécurité routière, 2 228 accidents de la circulation ont été enregistrés en 2025 contre 1 928 l’année précédente, faisant 68 morts et 640 blessés, soit près de 300 accidents supplémentaires en un an. 

Les autorités pointent notamment l’excès de vitesse ainsi que la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants comme facteurs aggravants, un contexte dans lequel tout obstacle imprévu sur la chaussée démultiplie le risque. En rétrécissant l’espace de circulation, ces carcasses obligent les conducteurs à des manœuvres d’évitement improvisées, souvent sans visibilité suffisante, sur des voies déjà partagées avec piétons, étals ambulants et deux-roues. 

Certaines épaves, positionnées en bordure immédiate de la chaussée, réduisent la largeur utile au point de transformer un simple croisement de véhicules en exercice périlleux, en particulier de nuit, dans des zones souvent mal éclairées. Le danger ne s’arrête pas à l’encombrement. Débris métalliques, éclats de verre, pièces détachées et détritus accumulés autour des épaves jonchent régulièrement le bas-côté, exposant piétons et cyclistes à des blessures, notamment les enfants qui empruntent ces trajets pour se rendre à l’école. 

Les vitres brisées et carrosseries tranchantes de certains véhicules, laissés à l’abandon sans aucune sécurisation, ajoutent un risque de coupure ou de chute pour quiconque s’approche trop près. Cette accumulation d’épaves sur la voie publique, en l’absence de fourrière municipale opérationnelle, illustre un vide dans la chaîne de responsabilité entre police de la circulation, mairies d’arrondissement et propriétaires défaillants. 

Le contraste est d’autant plus frappant que la Commune de Libreville a fait adopter, pour 2026, un budget primitif de 30 milliards de fcfa après un premier texte rejeté à la quasi-unanimité par les conseillers municipaux, un épisode qui a mis en lumière les tensions internes sur les priorités d’investissement de la capitale. Tant qu’aucun dispositif de retrait systématique n’est mis en place, ces obstacles resteront des points noirs silencieux sur des axes déjà éprouvés par l’absence de signalisation et l’étroitesse des voies, dans un pays où la courbe de l’accidentalité s’est déjà inversée à la hausse en 2025.

le coup de coeur

Derniers Articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img