Depuis le lundi 8 juin, les bureaux de La Poste sont pris d’assaut à travers tout le Gabon. La cause : une communication du gouvernement annonçant la vérification du fichier des épargnants recensés par le liquidateur de la PosteBank… en 2019. Il s’agirait ainsi, au bout de la procédure, de commencer à payer leur dû à ces épargnants dont les économies avaient été dilapidées.
Si on peut saluer ce signal, il serait imprudent d’y voir une garantie que la procédure ira cette fois à son terme. Car rien ou presque n’a bougé après la première vérification du genre il y a 7 ans.
Une fois de plus…
Plus grave, le gouvernement de la Transition avait pris l’engagement, dès la loi de finances 2024, d’allouer 30 milliards de francs cfa au remboursement de cette dette, à raison de 10 milliards par an. L’ancienne ministre de la Communication, Laurence Ndong, avait même reçu le collectif des épargnants en juillet 2024 pour leur confirmer personnellement que les versements débuteraient cette année-là. Il n’en a rien été. Ni en 2024, ni en 2025. La musique reprend en 2026. Espérons qu’elle aille, cette fois, jusqu’au bout.
Car l’enjeu dépasse le seul calendrier budgétaire. Derrière les chiffres, ce sont des projets de vie mis en suspens (mariages, constructions, études, etc.) que des familles avaient patiemment financés avant que leur épargne ne leur échappe.
Une parole publique non tenue
Le Conseil des ministres du 22 mai dernier le rappelait fort bien : cette opération « engage la crédibilité de l’État et la confiance des citoyens dans les mécanismes publics de garantie ». Des mots justes. Mais une parole publique non tenue depuis deux ans a déjà entamé ces fondements. Gageons que les actes suivent désormais.
La faillite de la PosteBank reste l’un des plus grands scandales financiers de l’histoire du Gabon. Filiale de La Poste SA, créée en 2011, l’établissement avait rapidement séduit les épargnants grâce au système postal présent à travers le pays. Mais dès 2015, les premières alertes apparaissent : crises de liquidités, malversations et gestion défaillante. Le 10 novembre 2015, la COBAC place la banque sous administration provisoire. En 2017, faute de redressement, le régulateur lui retire son agrément. La PosteBank est mise en liquidation.
On parle de près de 60 000 particuliers concernés, pour une ardoise de 31,212 milliards de francs cfa. Les créances des entreprises touchées sont évaluées, quant à elles, à 41,154 milliards de francs cfa. Soit un passif total de plus de 72 milliards de francs cfa.














