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Télécoms : le partage des pylônes ouvre la voie à des économies et à une meilleure couverture réseau au Gabon

La validation par l’ARCEP du contrat de partage d’infrastructures entre Airtel Gabon et Moov Africa Gabon Télécom marque une étape importante dans la modernisation du secteur des télécommunications gabonais. Conclu pour une durée de cinq ans, cet accord vise à mutualiser certaines infrastructures stratégiques, notamment les pylônes, afin de réduire les coûts et d’accélérer le déploiement des réseaux sur l’ensemble du territoire.

Cette approbation intervient trois semaines après la signature de la convention entre les deux opérateurs, conformément à l’article 35 de la loi n°026/2018. Pour le régulateur, l’objectif est de favoriser une utilisation plus rationnelle des investissements dans un secteur où les infrastructures représentent une part importante des dépenses des opérateurs.

Une logique d’efficacité économique

Pendant des années, les opérateurs ont développé des réseaux parallèles, multipliant parfois les pylônes sur un même site. Cette duplication des équipements a généré des coûts élevés de construction, de maintenance et d’exploitation. La mutualisation permet désormais d’éviter ces doublons tout en optimisant les ressources disponibles.

Pour Airtel et Moov, les économies réalisées pourront être réorientées vers l’amélioration de la qualité de service, l’extension de la couverture réseau et le renforcement des capacités techniques. À court terme, cette stratégie devrait accélérer le déploiement dans les zones moins rentables où les investissements étaient jusque-là freinés par leur coût.

Une tendance mondiale qui gagne le Gabon

Le partage d’infrastructures est devenu une pratique courante dans de nombreux marchés africains et internationaux. Des pays comme le Kenya, le Nigeria ou encore l’Afrique du Sud ont adopté ce modèle afin de réduire les dépenses d’investissement et d’améliorer l’accès aux services numériques.

Au Gabon, où la transformation numérique constitue l’un des axes prioritaires de la diversification économique, cette décision pourrait contribuer à renforcer la connectivité nationale. À moyen terme, une meilleure couverture favorisera le développement du commerce numérique, des services financiers mobiles et de l’administration électronique.

Des risques demeurent toutefois. Le succès du dispositif dépendra du respect des engagements contractuels, de la qualité de la coordination entre les opérateurs et du maintien d’une concurrence effective sur le marché.

À long terme, cette mutualisation pourrait constituer un levier majeur pour réduire la fracture numérique et améliorer la compétitivité du secteur. En validant cet accord, l’ARCEP envoie un signal fort : l’avenir des télécommunications gabonaises passera davantage par la coopération des infrastructures que par leur duplication.

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