En posant la première pierre du chantier, le président Brice Clotaire Oligui Nguéma a amorcé la mise en œuvre d’un projet intégré, destiné à l’exploitation et à l’évacuation du fer de Bélinga vers les marchés internationaux.
Un mois et demi après la signature d’un accord avec Africa Global Logistics (AGL), futur gestionnaire du port, le président Brice Clotaire Oligui Nguéma a procédé, ce lundi 8 juin, au lancement des travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe, dans la province de l’Estuaire. Le démarrage des activités est prévu en avril 2031, a annoncé Philippe Labonne, président d’AGL.
L’infrastructure s’étendra sur 500 hectares et comprendra un quai minéralier, un quai polyvalent, une zone de stockage et de bureaux, ainsi qu’un secteur résidentiel. Sa particularité réside dans la boucle ferroviaire qui le reliera à la mine de fer de Bélinga, à 535 kilomètres de là, dans l’Ogooué-Ivindo. C’est par ce corridor que la production sera acheminée vers les marchés internationaux. Le port est appelé à exporter 100 millions de tonnes de fer par an, en provenance de ce gisement qui figure parmi les plus importants au monde, avec 7,5 milliards de tonnes de réserves à 65 % de teneur.
Un projet intégré
Un port, un chemin de fer, une mine et un barrage hydroélectrique de 400 mégawatts à Booué : tels sont les quatre maillons de ce projet intégré, dont le lancement de lundi constitue le premier acte.
Le ministre d’État aux Transports et à la Marine marchande, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a précisé que le financement de l’ensemble de ces infrastructures, estimé à 7,5 milliards de dollars, sera assuré « sans recours au budget de l’État ». Les partenaires financiers du Gabon (dont Algest Investment Bank pour le port) s’engagent sur un schéma associant 30 % de fonds propres et 70 % de dette longue adossée aux revenus d’exportation du minerai.

S’agissant des retombées économiques pour le Gabon, le ministre a évoqué « plus de 10 milliards de dollars de valeur générés chaque année », pour une progression attendue du produit intérieur brut… de 50 %. Les retombées sociales s’annoncent tout aussi significatives. Le projet promet 9 000 emplois directs et 100 000 indirects.
Un hub logistique pour la sous-région
Le choix de Kobe-Kobe pour abriter le port tient aux atouts naturels du site. Il est non seulement situé sur la façade atlantique du pays, mais dispose de tirants d’eau pouvant atteindre 16 mètres de profondeur, permettant d’accueillir des navires de grand tonnage. De quoi rivaliser avec les grands ports de la sous-région, et positionner Kobe-Kobe comme un hub logistique.
Au-delà de sa dimension intégrée, le projet Kobe-Kobe se veut « intégrateur ». Le président Oligui Nguéma a confié avoir ouvert les chantiers aux investisseurs et partenaires de tous les continents : AGL (France) pour les infrastructures portuaires, China Railway pour la construction du chemin de fer, EDF (France) et Sinohydro (Chine) pour les barrages hydroélectriques, Trafigura (Pays-Bas) pour la commercialisation internationale des minerais, Fortescue (Australie) pour l’exploitation de la mine, et bien d’autres. Autant de nations dont les ambassadeurs étaient présents au lancement des travaux, lundi, sur le site de Kobe-Kobe.














