À quelques encablures du centre-ville, l’axe reliant Mélen à BRC puis PK12 offre un visage qui tranche avec les ambitions affichées de modernisation urbaine. Ici, pas de bitume, pas de caniveaux fonctionnels, seulement une piste en latérite crevassée, jonchée de détritus et de gravats accumulés au fil des saisons. Des riverains y circulent au quotidien, entre poussière en saison sèche et bourbier dès les premières pluies, dans un décor qui n’a plus rien à envier aux zones les plus enclavées du pays.
Les images parlent d’elles-mêmes. Des tas de pierres et de moellons abandonnés en plein milieu de la chaussée, sans signalisation ni délimitation, transforment chaque déplacement en parcours d’obstacles. Pour les automobilistes comme pour les nombreux piétons qui empruntent cette voie faute d’alternative, le danger est permanent : un choc nocturne contre ces amas rocheux, une glissade dans les ornières profondes, ou une collision provoquée par un évitement improvisé suffiraient à faire basculer un simple désagrément en drame.
Cette situation n’est pourtant pas une fatalité géographique. Mélen-BRC-PK12 dessert un bassin de population dense, avec ses habitations, ses commerces de proximité et son flux quotidien de riverains qui n’ont d’autre choix que d’emprunter cette artère pour rejoindre les grands axes de la capitale. L’absence d’entretien depuis des années interroge sur la hiérarchisation des priorités dans les programmes de voirie urbaine, alors que d’autres quartiers bénéficient de travaux de réhabilitation régulièrement médiatisés.
Au-delà de l’inconfort, c’est un problème de salubrité publique qui se pose également. Les déchets qui s’accumulent le long de la chaussée, faute de collecte organisée, achèvent de dégrader un environnement déjà fragilisé par l’érosion et le ruissellement incontrôlé des eaux de pluie. Ce cumul de négligences fragilise les fondations mêmes de la piste, rendant chaque saison pluvieuse plus destructrice que la précédente et repoussant d’autant le coût, déjà élevé, d’une réhabilitation complète.
Il appartient désormais aux autorités compétentes, qu’il s’agisse de la mairie du 5e arrondissement ou des services centraux en charge des infrastructures, de se saisir de ce dossier avant qu’un accident grave ne vienne rappeler, dans l’urgence et la douleur, ce que les riverains dénoncent depuis longtemps dans l’indifférence. Réhabiliter cet axe n’est pas un luxe mais une nécessité de sécurité publique, et le temps de l’attente a suffisamment duré.













