lundi, juillet 22, 2024
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    Cinquième Chronique du règne du roi Brice 1er

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    Dans cette cinquième chronique du « règne de Brice 1er », Janis Otsiémi, romancier plusieurs fois primé à l’international, fait le point six mois après l’ascension au pouvoir de celui qu’il nomme « le roi ». L’auteur de plusieurs lettres ouvertes, publiées exclusivement sur Inside News241 dès octobre 2022, exhortant Ali Bongo Ondimba “le déchu” de ne pas se présenter pour un troisième mandat, décrypte la trajectoire prise ces derniers mois par le “clan” du président de la Transition, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema. Lecture

    Les premières lueurs de l’été qui se profilait à l’horizon ouvrirent des brèches qui furent difficiles à colmater par Notre Souverain. Qui aurait pu croire alors qu’après tant de promesses, il y aurait tant de déception ? Qui pouvait supposer que le fonds de commerce des putschistes – probité morale, volonté de lutter contre la corruption, respect de la liberté d’expression, serait aussi vite dilapidé ? Notre Bien-Aimé Souverain aimait tellement sa famille maternelle et paternelle aux dépens de la République, aux frais de ses concitoyens. Lorsque les cabinets ministériels, les soutes de l’administration publique ou les boudoirs du palais royal sont transformés en antichambre du pouvoir, c’est du népotisme éclairé ! 

    Une révolution de valets ?

    A l’origine, le népotisme désignait les faveurs accordées par un certain nombre de papes à leurs neveux, qui leur attribuaient des postes prestigieux rapportant de l’argent. De nos jours, le népotisme, c’est le fait, pour quelqu’un qui a du pouvoir, d’accorder des faveurs aux membres de sa famille. 

    Pire qu’une révolution de palais, le coup d’Etat du général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema était en réalité une révolution de valets ! Jamais le royaume n’avait eu à récompenser autant de braves gens. Dès sa prise de pouvoir par la force, Notre Majesté avait casé, rétribué dans les soutes de l’administration de nombreux membres de sa famille : demi-frères et demi-sœurs, beaux-frères et belles-sœurs, cousines et cousins, nièces et neveux, maîtresses et concubines, copains et coquins… dans le but que ces derniers le soutiennent et lui gardent fidélité par l’octroi d’avantages,  durant la délicate période de la transition.  Ce fut l’effet inverse : le clan « Nguema » servit le royaume en se servant du royaume !

    Une gestion familiale du royaume ?

    Embarrassé jusqu’aux entournures, Notre Népotiste Eclairé fit suspendre le Prince Aurelien Marcel Mi Nguema, son demi-frère paternel, de ses fonctions de directeur général du budget et des finances publiques par le biais de son ministre de tutelle, M. Charles Mba. Aucune raison ne fut évoquée à propos de cette sanction. La rumeur enfla. Le  Prince entretenait des relations exécrables avec son ministre de tutelle et s’était attiré l’ire des secrétaires généraux en annonçant une augmentation des primes.

    En janvier, il avait effectué en province une tournée des chantiers et des voiries, marchant sur les plates-bandes du ministère des Travaux publics. On susurra que le demi-frère du roi était soupçonné de confondre l’argent public avec sa poche. Dans les jours qui suivirent, il fut officiellement démis de ses fonctions qu’il occupait depuis le 28 septembre dernier, en remplacement du demi-frère du roi déchu, M. Fabrice Andjoua Bongo ! C’est à croire que chez les Bongo et les Oligui Nguema, la fortune du royaume se gérait en famille !  

    Un autre demi-frère de Notre Majesté subit le même sort. Le 18 juin, le lieutenant-colonel Pierre Bibang Bi Nguema de la garde royale fut contraint de quitter son poste à la tête de la section d’intervention spéciale. Un courtisan du roi déclara : « C’est la preuve que nous ne sommes plus dans un régime d’impunité ».

    Les prémonitions du roi Ali Bongo

    Malgré ces limogeages dans la famille royale, le mal était déjà fait. On se rappela les propos prémonitoires du roi Ali 1er dans une interview qu’il accorda à Jeune Afrique quelques mois après avoir été renversé par la junte au pouvoir : « Je n’ai pas géré ce pays seul. Certains de ceux qui sont aux affaires aujourd’hui et qui me vilipendent ont travaillé avec moi. N’ont-ils rien à se reprocher ? Les Bongo sont-ils responsables de toutes les vicissitudes du pays ? Très bien, nous verrons s’ils feront mieux ».

    En dix mois, le clan « Nguema » fit pire !

    Janis Otsiemi 

    Ecrivain

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