Alors que les opérations de déguerpissement continuent de toucher de nombreux quartiers du Grand Libreville, le député du 2e arrondissement d’Akanda, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, a profité de sa tournée parlementaire pour rappeler que même guidée par l’intérêt général, l’action de l’État ne doit jamais se départir d’humanisme.
Les démolitions et déguerpissements qui touchent plusieurs quartiers du Grand Libreville alimentent depuis des mois un débat vif entre autorités, populations et analystes pour, ainsi que ceux contre. En tournée parlementaire dans sa circonscription, le député d’Akanda, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, a insisté sur un principe qu’il juge essentiel dans ce genre de situation : la fermeté nécessaire à l’intérêt général ne dispense jamais l’État de son devoir d’humanité.
« Si l’intérêt général doit primer sur l’intérêt particulier, l’action de l’État doit aussi s’exercer avec justice, responsabilité et humanité », a-t-il déclaré devant des habitants dont beaucoup vivent la menace ou les conséquences directes de ces casses. Le cadre de l’Union nationale (UN) a ensuite énoncé trois principes qu’il considère comme non négociables lorsque l’État engage ce type de travaux. D’abord, l’indemnisation juste. Celle-ci doit correspondre à la valeur réelle du bien détruit, a-t-il estimé.
Deuxième principe, l’État doit proposer à la famille une solution alternative pour qu’elle aille y habiter, ou y construire. Troisième chose, a-t-il ajouté, l’État donne un délai raisonnable aux familles.
En posant ces principes, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi élargit le débat au-delà de la seule question juridique souvent brandie pour justifier des démolitions sans recours ni compensation. Certains allant jusqu’à conditionner tout droit à l’indemnisation à la détention (ou non) d’un titre foncier, document pourtant rare et difficile à obtenir pour de nombreux Gabonais.
Les propos du député résonnent d’autant plus qu’ils font écho à plusieurs précédents où les procédures n’ont visiblement pas été aussi justes qu’elles auraient dû l’être. Le cas du site de Derrière l’Assemblée nationale, où nombre de déguerpis n’ont été relogés à Bikélé que plusieurs mois après leur expulsion, illustre l’écart persistant entre ces principes et leur application concrète sur le terrain.













