Gabon : 28,5 milliards de fcfa pour construire des routes en 2027, seulement 3,6 milliards pour les voiries urbaines

Le Gabon prévoit de consacrer 28,5 milliards de fcfa à la construction des routes nationales et départementales en 2027, contre 3,56 milliards à l’entretien des voiries urbaines dans le compte spécial consacré au patrimoine routier. Selon le projet de loi de finances, les crédits de construction seraient ainsi huit fois supérieurs à ceux réservés à l’entretien des rues des villes dans ce dispositif. Cette répartition intervient dans un contexte marqué par la dégradation de certaines chaussées, les difficultés d’évacuation des eaux pluviales et les perturbations de circulation provoquées par les fortes pluies.

Le compte spécial « Construction et Entretien du patrimoine routier de l’État » disposerait au total de 37,08 milliards de fcfa en 2027, contre seulement 51,9 millions inscrits en 2026. Dans cette enveloppe, 28,5 milliards seraient affectés à la construction des routes nationales et départementales, 5,01 milliards à l’entretien des routes nationales et départementales et 3,56 milliards à celui des voiries urbaines. Le poste de construction représente donc près de 77 % du financement global prévu pour ce compte.

Des crédits d’entretien urbain huit fois inférieurs à ceux de construction

Le programme d’entretien des voiries urbaines comprendrait 2,46 milliards de fcfa d’investissements et 1,1 milliard de dépenses de biens et services. La comparaison avec les 47,6 millions de fcfa inscrits dans ce même programme en 2026 révèle une forte augmentation de son enveloppe. Cette progression doit cependant être interprétée avec prudence, car d’autres crédits routiers peuvent être portés par des missions budgétaires distinctes. Le montant de 3,56 milliards correspond précisément à ce programme du compte spécial et non nécessairement à toutes les dépenses publiques d’entretien urbain du pays.

La ventilation soulève également une question comptable. Les 28,5 milliards destinés à la construction des routes nationales et départementales figurent dans la catégorie « Autres dépenses », tandis que les crédits d’entretien urbain comprennent des dépenses d’investissement et de fonctionnement. Cette différence de classement mérite une explication sur les modalités de financement et d’exécution des opérations. Elle est importante pour identifier la nature des paiements prévus et suivre les travaux réellement engagés pendant l’exercice.

L’entretien des chaussées, un coût économique à mesurer

Les difficultés de circulation observées sur des routes inondées affectent directement les déplacements des travailleurs, les livraisons commerciales et l’exploitation des véhicules de transport. Lorsque des rues deviennent difficilement praticables, les entreprises peuvent subir des retards d’approvisionnement et des coûts supplémentaires d’exploitation. Le PLF ne chiffre pas ces pertes économiques. Il permet néanmoins de confronter les crédits disponibles aux besoins d’entretien des chaussées, des fossés et des ouvrages d’évacuation associés aux voiries.

Pour 2027, le débat budgétaire devrait donc porter sur la destination des 3,56 milliards de fcfa prévus pour les voiries urbaines : quelles villes seront concernées, combien de kilomètres de rues seront traités et quels travaux incluront la remise en état du drainage ? L’État prévoit parallèlement 28,5 milliards pour la construction de routes nationales et départementales. L’efficacité de cet arbitrage devra être appréciée au regard des chantiers réalisés, de leur répartition territoriale et du coût d’entretien des infrastructures existantes.

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