Gabon : à 1 310 fcfa le litre, le gasoil industriel coûte désormais 86 % de plus qu’en station-service

La nouvelle grille tarifaire des hydrocarbures applicable à compter du 1er novembre 2026 introduit un écart important entre les prix du carburant distribué dans les stations-service et ceux réservés aux entreprises industrielles. Selon les barèmes publiés par la Commission nationale des prix des produits pétroliers (CNPPP), le litre de gasoil hors réseau est fixé à 1 310 fcfa, contre 705 fcfa dans les stations-service, soit une différence de 605 fcfa ou 85,8 %. L’essence destinée aux industriels atteint également 1 060 fcfa le litre, contre 735 fcfa pour les automobilistes. Cette tarification différenciée concerne directement les opérateurs dont les activités dépendent d’approvisionnements réguliers en carburant.

Pour les entreprises consommatrices de grandes quantités de gasoil, les montants deviennent particulièrement importants. À titre d’illustration, l’achat de 100 000 litres au nouveau tarif industriel représente une facture de 131 millions de fcfa. Pour un volume de 500 000 litres, cette dépense atteint 655 millions de fcfa. Ces simulations permettent d’apprécier les montants mobilisés par les opérateurs fortement dépendants des hydrocarbures, même si le renchérissement réel de leurs charges ne pourra être calculé qu’à partir des tarifs industriels précédemment appliqués et de leurs volumes de consommation.

Les industries forestières, minières et les chantiers concernés

Les entreprises forestières, les exploitations minières, les sociétés de travaux publics et certains opérateurs agroalimentaires figurent parmi les utilisateurs de carburants distribués hors réseau. Le gasoil alimente notamment les engins de chantier, les groupes électrogènes et les équipements de production. Dans ces secteurs, la facture énergétique représente une composante des charges d’exploitation, au même titre que la maintenance, le transport et les dépenses de personnel. L’évolution des prix industriels pourrait ainsi modifier les budgets opérationnels des entreprises les plus exposées à la consommation de produits pétroliers.

La différenciation des prix s’inscrit également dans les réflexions engagées par le gouvernement sur le coût de la stabilisation des carburants. Lors du Conseil des ministres du 8 octobre, les autorités avaient indiqué que ce mécanisme avait mobilisé 30 milliards de fcfa en septembre 2026. Le gouvernement avait alors demandé un examen des possibilités d’allègement de cette dépense. Les nouveaux tarifs industriels peuvent contribuer à réduire le soutien public accordé aux consommations concernées, en fonction des coûts réels d’approvisionnement et des volumes commercialisés.

Pour l’économie gabonaise, la prochaine question sera celle de l’évolution des charges de production et de leur répercussion éventuelle sur les prix des biens et services. Le ministère du Pétrole et du Gaz et les entreprises de distribution devront notamment préciser les conditions d’application de la nouvelle grille aux contrats d’approvisionnement industriel. La publication des anciens tarifs hors réseau permettra de mesurer l’augmentation réellement supportée par les entreprises. À plus long terme, la modernisation de la SOGARA, l’augmentation des capacités de stockage et le projet de nouvelle raffinerie constitueront des éléments importants pour améliorer la régularité de l’approvisionnement énergétique des opérateurs économiques.

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