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Gabon : à Owendo, la SEEG nargue-t-elle les consignes du Président Oligui Nguéma ?

Il faut saluer l’audace, ou plutôt le culot phénoménal, des dirigeants de la SEEG. Alors que le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait de l’accès à l’eau et à l’électricité une urgence nationale et un axe majeur de son mandat, la direction de la compagnie semble opérer dans une dimension parallèle où les instructions du Chef de l’État n’ont aucune valeur. Laisser Owendo dans le noir pendant plus de 72 heures ressemble, à s’y méprendre, à un bras de fer déguisé ou à un sabotage flagrant de la politique sociale de l’exécutif.

Pourtant, le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens pour éviter ce genre de naufrage. Souvenez-vous : l’État a dû voler au secours de cette même SEEG en injectant en urgence un prêt relais de 30 milliards de fcfa pour éponger l’ardoise due au géant turc Karpowership et maintenir ses barges flottantes en activité. Plus récemment, le Vice-premier ministre Hermann Immongault montait au créneau pour annoncer fièrement l’injection de 30 mégawatts (MW) supplémentaires pour stabiliser définitivement le réseau du Grand Libreville. Une question se pose alors avec une agressivité légitime : où sont passés ces 30 milliards et ces 30 mégawatts à Owendo ?

La réalité objective de ce black-out prolongé vient gifler magistralement les discours officiels et les promesses de confort énergétique. Soit les annonces gouvernementales de renforcement du réseau n’étaient que de la poudre aux yeux pour calmer l’opinion, soit la SEEG gère ces ressources avec une opacité et une incompétence telles que les investissements publics s’évaporent avant d’atteindre les compteurs des usagers. Dans les deux cas, le constat est humiliant pour les institutions de la République.

Cette situation met en lumière l’existence d’un « État dans l’État » où la SEEG, malgré les audits et les réorganisations à répétition, continue de narguer le pouvoir central par sa force d’inertie. Comment un opérateur technique peut-il paralyser la deuxième commune du Grand Libreville sans craindre de sanctions immédiates ? Ce dysfonctionnement majeur érode la crédibilité des promesses présidentielles auprès d’une population fatiguée d’attendre l’amélioration de son quotidien.

Le temps des avertissements polis et des visites d’inspection courtoises est définitivement révolu. Si le Président de la République veut que ses consignes soient respectées, le cas d’Owendo doit servir d’exemple. Les responsables de ce fiasco technique et financier doivent être identifiés et répondre de leurs actes. On ne peut pas engloutir des dizaines de milliards de francs CFA d’argent public pour finir par éclairer une commune économique à la lampe torche.

le coup de coeur

Ferdinand DEMBA
Ferdinand DEMBAhttp://www.insidenews241.com
Passionné de lettres et désormais de chiffres, FD est le directeur de publication d’Inside News241. Journaliste de métier et de convictions, lui et son équipe sont au service d’une information objective, d’utilité publique et au service de la vérité.

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