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Gabon : « On va manger quoi ? », le cri de détresse de ces mamans d’Owendo et d’ailleurs privées d’électricité

Derrière la sécheresse des communiqués techniques que la SEEG n’a même pas pris la peine de rédiger, se cache un drame social d’une violence inouïe. À Owendo, le black-out de 72 heures a frappé de plein fouet le cœur des foyers : les congélateurs. Au Gabon, face à l’inflation galopante et à la vie chère, l’achat de nourriture en gros (cartons de cuisses de poulet, de poisson, de viande) est l’unique stratégie de survie des ménages pour tenir le mois. En trois jours, la SEEG a transformé ces précieuses réserves familiales en tas d’immondices putrides.

Le cri de détresse de cette maman d’Owendo, résume à lui seul le désastre : « On se bat chaque jour contre la vie chère au marché, et la SEEG vient achever le peu qu’on a pu économiser pour nourrir nos enfants. Qui va nous rembourser nos cartons pourris ? » Ce sont des dizaines de milliers de francs CFA, économisés au prix de sacrifices quotidiens, qui sont partis directement à la poubelle. Pour une famille modeste, ce n’est pas seulement une panne de courant, c’est une condamnation à la faim pour le reste du mois.

Mais le cynisme de la situation ne s’arrête pas là. Une crise sanitaire silencieuse guette désormais la commune. Par désespoir financier ou pour limiter la casse, certaines familles se retrouvent contraintes de cuire à la hâte des aliments dont la chaîne du froid est rompue depuis longtemps, s’exposant à des risques majeurs d’intoxications alimentaires. Les centres de santé d’Owendo, eux-mêmes rationnés en électricité, s’apprêtent à recevoir les victimes d’une insalubrité alimentaire provoquée de toutes pièces par l’incompétence de l’opérateur historique.

Pendant ce temps, les factures de la SEEG, elles, ne souffrent d’aucune décongélation. Qu’il y ait du courant ou non, les taxes d’ordures ménagères et de contribution spéciale sont prélevées à chaque recharge EDAN. Le contraste est saisissant, pour ne pas dire écœurant : d’un côté, une entreprise qui sécurise ses revenus avec une précision chirurgicale, et de l’autre, des mères de famille en larmes devant des appareils ménagers inutiles, contraintes d’acheter de la glace au prix fort pour sauver ce qui peut encore l’être.

Ce calvaire domestique met à nu l’absence totale de considération humaine de la part des décideurs. La dignité des ménages gabonais est piétinée dans l’indifférence générale. Demander à des mamans d’assurer l’équilibre de leur foyer sans électricité, tout en jetant la nourriture qu’elles ont eu tant de mal à s’offrir, est une violence sociale pure et simple. Owendo a faim, Owendo est en colère, et cette fois, les coupables portent un nom bien connu de tous.

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