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Gabon : maintien de la note CCC-, Fitch Ratings déshabille les finances publiques et confirme le gouffre budgétaire

L’art de maquiller les chiffres a ses limites, et l’agence Fitch Ratings vient de s’assurer que le Gabon les atteigne de plein fouet. Dans son dernier rapport, l’agence internationale a maintenu la note du pays au niveau abyssal de ‘CCC-‘. Derrière ce jargon d’analystes se cache une vérité crue que les autorités tentent d’enrober sous de jolis communiqués : le pays est officiellement classé dans la catégorie des investissements ultra-spéculatifs, à deux doigts du défaut de paiement. Une humiliation financière internationale pour un État qui se rêve pourtant en champion de la refondation économique.

Le verdict de Fitch est d’une violence mathématique implacable. L’agence estime que le déficit budgétaire du Gabon a atteint le niveau record de 12,2 % du PIB en 2025. Pour situer l’ampleur du désastre, la médiane des pays de même catégorie stagne à un petit 3,1 %. Le Gabon fait donc quatre fois pire que ses pairs. Les analystes attribuent ce naufrage à une explosion frénétique des dépenses d’investissement public, montées à 11 % du PIB contre une moyenne historique de 2,7 %. En clair, l’État a ouvert grand les vannes des chantiers sans jamais s’assurer d’avoir les coffres nécessaires pour les payer.

Pour financer ce train de vie pharaonique, les autorités ont activé la méthode la plus toxique qui soit : l’accumulation massive d’arriérés de paiement, qui représentent à eux seuls 4,8 % du PIB. C’est le triomphe de la politique du « travaillez d’abord, on verra après ». En agissant ainsi, l’État ne bâtit pas des infrastructures, il creuse une dette flottante qui asphyxie le secteur privé national. Le rapport note d’ailleurs avec une ironie mordante que le nouveau ministre des Finances, nommé en janvier, a dû revoir en urgence les objectifs budgétaires de 2026 pour les ramener à des réalités un peu plus terrestres.

La trajectoire de la dette publique donne le vertige : elle a bondi à 81,1 % du PIB en 2025, contre 72 % l’année précédente. Fitch prévoit déjà qu’elle grimpera à 87,6 % d’ici 2027 à la faveur d’une baisse attendue des cours du pétrole. Le Gabon s’enfonce dans une spirale d’endettement où chaque nouvel emprunt sert uniquement à tenter de rembourser les intérêts du précédent. Le matelas de sécurité s’est évaporé, et le pays navigue désormais à vue dans une tempête de créances que plus personne ne semble maîtriser.

Cette notation est un signal d’alarme qui devrait faire trembler les couloirs des ministères à Libreville. On ne peut pas construire une économie solide sur des fondations d’arriérés et des déficits à deux chiffres. En maintenant le Gabon dans l’antichambre de la faillite financière, Fitch Ratings rappelle aux dirigeants que la rigueur budgétaire ne se décrète pas dans des discours patriotiques, mais se lit dans des comptes publics transparents et équilibrés. Et pour l’instant, les comptes sont au rouge vif.

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