Gabon : après avoir lancé Andem, Libreville va chercher à Dakar le modèle de son futur hub aérien

Le Gabon veut s’inspirer de Dakar pour moderniser son secteur aérien, alors qu’il porte déjà l’un des projets aéroportuaires les plus ambitieux de son histoire : le futur aéroport international d’Andem. Le 28 mars 2025, les autorités ont officiellement posé la première pierre de cette infrastructure située dans le département du Komo-Kango. La Présidence annonçait alors quatre années de travaux, avec l’objectif d’améliorer la connectivité nationale et internationale du pays.

La visite effectuée cette semaine au Sénégal par le ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, donne cependant une autre dimension au projet gabonais. Dakar ne dispose pas seulement de l’Aéroport international Blaise-Diagne : le Sénégal cherche à articuler son infrastructure aéroportuaire avec une compagnie nationale, un réseau de destinations et une stratégie de connectivité. C’est cette combinaison que Libreville doit réussir s’il veut qu’Andem devienne autre chose qu’un nouvel équipement aéroportuaire.

Et pour cause, construire un aéroport ne suffit pas à fabriquer un hub. Celui-ci doit pouvoir concentrer des passagers provenant de plusieurs villes, organiser leurs correspondances et les redistribuer vers d’autres destinations. Cela suppose des fréquences suffisantes, une compagnie capable d’alimenter la plateforme, des accords avec d’autres transporteurs et une demande permettant de remplir les appareils. La stratégie gabonaise devra donc articuler Andem avec Fly Gabon, les dessertes domestiques et l’attraction de compagnies internationales.

Le projet Emirates illustre justement cette équation. En août 2025, la compagnie de Dubaï avait demandé les statistiques du trafic passagers gabonais dans le cadre de discussions préliminaires sur une éventuelle ouverture de ligne vers Libreville. Plus d’un an après, aucune ouverture n’a été publiquement annoncée. Cette prudence rappelle que, indépendamment de la qualité des infrastructures, les transporteurs internationaux arbitrent leurs nouvelles lignes en fonction du trafic attendu et de leur rentabilité.

L’expérience de Dakar peut donc être utile à Libreville à condition que la réflexion dépasse les infrastructures. Le véritable défi d’Andem sera de créer autour du nouvel aéroport suffisamment de trafic, de destinations et de correspondances pour justifier l’investissement. Avec quatre années de travaux annoncées à partir de 2025, le Gabon dispose théoriquement d’une fenêtre pour construire cet écosystème avant la mise en service du nouvel équipement.

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