La construction des routes demeure l’un des principaux engagements de l’État envers les populations. Mais entre les projets annoncés et les infrastructures effectivement livrées, les délais continuent de poser problème. Le 28 octobre 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a convoqué les responsables d’entreprises chargées de construire et de réhabiliter plusieurs axes routiers du pays. La Présidence reconnaît des lenteurs dans l’exécution de différents chantiers et exige désormais une accélération des travaux, avec un objectif d’achèvement avant 2030.
Les projets concernés s’étendent à plusieurs provinces, notamment l’Estuaire, l’Ogooué-Lolo, le Haut-Ogooué et la Nyanga. Les entreprises ont reçu des instructions portant sur le respect des délais, la qualité des ouvrages et le suivi de l’exécution. Cette nouvelle intervention des autorités montre que le calendrier initial de certains travaux demeure difficile à respecter. Pour les populations concernées, ces retards prolongent les difficultés de déplacement, les coûts de transport et les problèmes d’accès aux services essentiels.
Les conséquences économiques des routes dégradées sont particulièrement importantes pour les producteurs agricoles, les commerçants et les transporteurs. Un mauvais état du réseau augmente les dépenses d’entretien des véhicules, ralentit l’acheminement des marchandises et peut renchérir leur prix de vente. Dans certaines localités, l’enclavement réduit également l’accès aux marchés et limite les possibilités de développement des entreprises. L’amélioration des infrastructures routières constitue donc un enjeu de pouvoir d’achat autant qu’une question d’aménagement du territoire.
Sur le plan budgétaire, le projet de loi de finances 2027 prévoit 1 058,4 milliards de fcfa de dépenses d’investissement pour l’ensemble des secteurs. Les routes devront partager cette enveloppe avec les autres priorités publiques, notamment l’énergie, l’eau, la santé et les équipements collectifs. La Présidence n’a pas précisé, dans son communiqué du 28 octobre, le coût actualisé des chantiers concernés, les sommes déjà versées aux entreprises ni les montants restant nécessaires à leur achèvement. Ces informations sont pourtant essentielles pour apprécier la faisabilité du calendrier fixé.
L’échéance de 2030 laisse désormais quatre années pour transformer les engagements en routes praticables. Combien de kilomètres restent à construire ou à réhabiliter ? Quel pourcentage des marchés a déjà été exécuté ? Quelles entreprises accusent les retards les plus importants et quelles pénalités contractuelles sont prévues ? Sans publication régulière de ces indicateurs, les populations pourront constater l’avancement des travaux sur le terrain, mais auront du mal à mesurer l’utilisation des ressources publiques mobilisées.













