En moins de trois mois, le Gabon a annoncé deux emprunts obligataires internationaux totalisant 1,5 milliard de dollars, soit plusieurs centaines de milliards de fcfa à rembourser dans les prochaines années. Le premier, d’un montant de 920 millions de dollars, a été réalisé en juillet 2026, avec une échéance fixée à 2033. Le second, de 580 millions de dollars, a été émis le 14 octobre, avec une échéance en 2034. Ces opérations permettent à l’État de mobiliser des capitaux importants sur les marchés internationaux, mais elles s’accompagnent d’engagements financiers de long terme.
Les deux emprunts affichent un coupon annuel de 9,375 %. Sur la base des montants nominaux annoncés, cela représente environ 140,6 millions de dollars d’intérêts par an, soit approximativement 80 milliards de fcfa selon le taux de conversion retenu, lorsque les deux émissions portent simultanément leurs coupons sur une année complète. Ce calcul donne un ordre de grandeur de la charge annuelle théorique des intérêts, indépendamment des modalités précises de paiement et d’amortissement du capital. Il ne correspond pas à la totalité des intérêts que le Gabon verse sur sa dette publique.
L’emprunt de juillet doit notamment contribuer au financement du Plan national de croissance et de développement 2026-2030 ainsi qu’au règlement d’arriérés. Celui d’octobre s’inscrit dans la stratégie d’allongement des maturités et de diversification des sources de financement. Le gouvernement souligne que cette seconde opération a suscité un carnet d’ordres proche d’un milliard de dollars. Ce montant représente les intentions de souscription des investisseurs, tandis que la somme effectivement émise s’établit à 580 millions de dollars.
Le recours aux marchés internationaux permet de financer des besoins que les recettes courantes ne couvrent pas nécessairement immédiatement. Mais les emprunts libellés en dollars exposent également les finances publiques aux évolutions du taux de change entre le dollar et le fcfa. Le coût des intérêts doit être intégré aux budgets futurs, parallèlement aux dépenses de fonctionnement, aux investissements et aux remboursements des autres dettes. La question centrale est donc celle de l’utilisation des ressources mobilisées et de leur capacité à produire des retombées économiques durables.
Avec 1,5 milliard de dollars empruntés et un coupon de 9,375 % sur chacune des deux émissions, la facture théorique annuelle d’intérêts atteint déjà 140,6 millions de dollars. À quelles réalisations concrètes les fonds seront-ils affectés ? Quelle part servira à financer de nouveaux projets et quelle part permettra de régler des engagements antérieurs ? Le suivi des décaissements, des projets financés et des échéances de remboursement permettra aux Gabonais d’évaluer les résultats de ces opérations au-delà des montants annoncés lors de leur émission.













