Gabon : la diaspora, un vivier de compétences et de capitaux encore sous-exploité

L’appel présidentiel à la diaspora gabonaise, invitée à « engager ses compétences, ses projets ou ses investissements » au service du pays, ouvre la porte à un dialogue structuré avec une population qui représente un vivier de compétences et de capitaux encore largement sous-mobilisé. Si le discours ne s’accompagne d’aucun dispositif chiffré, il pose une intention politique qui mérite d’être suivie et, potentiellement, structurée.

Le potentiel économique de la diaspora gabonaise n’est pas théorique

Plusieurs entrepreneurs issus de la diaspora ont déjà investi avec succès dans des secteurs comme la technologie, l’hôtellerie ou l’agro-industrie au Gabon, souvent en s’appuyant sur des compétences acquises à l’étranger et des réseaux professionnels internationaux difficiles à répliquer localement. Ces parcours, encore trop peu documentés et valorisés, constituent une ressource que les pouvoirs publics comme le secteur privé gagneraient à mieux identifier et accompagner.

D’autres pays africains ont construit des dispositifs efficaces pour canaliser cet apport. Le Maroc a développé depuis plusieurs années des mécanismes d’accompagnement dédiés aux Marocains du monde souhaitant investir dans leur pays d’origine, combinant guichets administratifs simplifiés et incitations fiscales ciblées. Le Sénégal a suivi une trajectoire comparable, avec des fonds d’investissement dédiés à la diaspora qui ont permis de flécher une partie de l’épargne des Sénégalais de l’étranger vers des projets productifs locaux.

De l’appel déclaratoire au dispositif opérationnel

Pour le Gabon, l’enjeu consiste donc à transformer cet appel déclaratoire en dispositif opérationnel : guichet unique pour les porteurs de projets de la diaspora, incitations fiscales ciblées, ou fonds d’investissement dédié pourraient constituer des étapes concrètes pour capter ce potentiel. Le secteur bancaire gabonais et les institutions financières régionales ont également un rôle à jouer dans la structuration de produits d’épargne et d’investissement adaptés à cette population.

Si les autorités parviennent à donner corps à cet appel par des mesures concrètes dans les mois à venir, la diaspora gabonaise pourrait devenir un contributeur significatif au financement de projets entrepreneuriaux locaux, en particulier dans des secteurs comme l’hôtellerie, l’agro-industrie et les services, où les compétences acquises à l’étranger trouvent une application directe.

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