Gabon : le marché bancaire s’internationalise encore avec l’arrivée de Coris Bank

Le paysage bancaire gabonais ressemble de plus en plus à une petite carte de la finance africaine. Aux acteurs historiquement installés se sont ajoutés des groupes venus du Nigeria, du Maroc, du Togo ou de Côte d’Ivoire, tandis que Citibank maintient une présence américaine. Cette internationalisation n’est pas nouvelle : la Direction générale du Trésor français relevait déjà la diversification de l’actionnariat bancaire gabonais depuis les années 2000 et le recul progressif des intérêts français. 

La géographie du secteur est révélatrice. UBA appartient au groupe nigérian United Bank for Africa, Ecobank est issu du groupe panafricain né en Afrique de l’Ouest, UGB appartient au marocain Attijariwafa bank, tandis qu’AFG Bank est contrôlée par Atlantic Group, d’origine ivoirienne. Orabank Gabon reste pour sa part majoritairement détenue par Oragroup selon les informations publiées par la banque. Il faut donc corriger un point de la cartographie initiale : Orabank ne doit pas être comptabilisée comme une banque américaine sur la seule base d’une opération annoncée avec Vista, celle-ci n’ayant pas permis d’établir un contrôle américain effectif de la filiale gabonaise. 

La carte vient encore de s’élargir avec Coris Bank International. Le groupe burkinabè a obtenu en 2026 les autorisations nécessaires à son implantation et dispose désormais d’une plateforme gabonaise proposant comptes, épargne, crédits aux particuliers et financements aux entreprises. Coris indique être présent dans douze pays et affiche explicitement au Gabon une mission de financement des particuliers, des entreprises et notamment des PME-PMI. 

Cette diversité donne au Gabon une particularité intéressante : pour une économie relativement petite, son système bancaire accueille des capitaux et des réseaux provenant de plusieurs grands pôles financiers africains, auxquels s’ajoute Citigroup. Elle offre surtout aux entreprises gabonaises l’accès potentiel à des groupes disposant de réseaux régionaux capables d’accompagner commerce, investissements et transactions au-delà des frontières nationales. Coris ajoute désormais son réseau ouest-africain à cette compétition. 

Le prochain indicateur sera donc moins le nombre de drapeaux présents dans le capital des banques que ce que cette concurrence produit dans l’économie réelle. La Banque mondiale estimait le crédit aux entreprises à seulement 16 % du PIB en 2024. L’arrivée d’un nouvel acteur promettant notamment des crédits d’investissement et de fonctionnement crée une pression concurrentielle supplémentaire. Pour Libreville, l’intérêt de cette internationalisation sera pleinement démontré si davantage de banques finit par signifier davantage de financement pour les entreprises gabonaises. 

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