Sur le papier, le poids des engagements financiers du Gabon apparaît désormais sous un jour différent. L’audit achevé par le gouvernement établit à 9 524,643 milliards de fcfa le stock consolidé de dette et de passifs exigibles au 31 décembre 2025. Rapporté à une première estimation du PIB nominal de 13 822 milliards de fcfa, ce montant correspond à 68,91 %. Un ratio qui repose toutefois sur une nouveauté importante : le PIB utilisé intègre les résultats validés du rebasage de 2022.
Le changement de base statistique modifie mécaniquement la lecture de l’endettement. Une économie dont la valeur nominale est réévaluée peut afficher un ratio dette/PIB plus faible sans qu’un franc supplémentaire ait été remboursé. Dans le cas gabonais, un deuxième mouvement intervient simultanément : le stock soumis à l’audit, initialement estimé à près de 11 700 milliards de fcfa, a finalement été consolidé à 9 524,643 milliards. Numérateur et dénominateur évoluent donc en même temps.
Cette nouvelle photographie ne fait pas disparaître les contraintes du Trésor. Plus de 9 500 milliards de fcfa d’engagements restent inscrits dans le périmètre retenu par le gouvernement. Leur poids budgétaire dépendra du profil des échéances, des taux supportés par l’État, des passifs arrivés à exigibilité et des ressources effectivement disponibles pour les régler. C’est sur ces variables que se jouera la soutenabilité, davantage que sur le seul franchissement à la baisse d’un seuil statistique.
Le rebasage n’en est pas moins important pour l’analyse de l’économie gabonaise. En portant la première estimation du PIB nominal 2025 à 13 822 milliards de fcfa, il fournit une nouvelle échelle pour apprécier la dette, les recettes publiques, les dépenses ou encore le déficit. Le gouvernement indique parallèlement avoir aligné son audit sur le Manuel de statistiques de finances publiques 2014 et le Guide des statistiques de la dette du secteur public du FMI.
Libreville dispose ainsi d’un ratio de référence plus favorable, mais devra désormais démontrer que l’amélioration statistique peut être accompagnée d’une amélioration financière. Le gouvernement prévoit d’apurer progressivement les passifs exigibles et d’empêcher la reconstitution de nouveaux arriérés. À 68,91 % du PIB, le stock consolidé paraît plus contenu lorsqu’il est rapporté à la nouvelle taille de l’économie. En valeur absolue, la facture reste néanmoins proche de 9 525 milliards de fcfa.













