Dans une lettre adressée au président Oligui Nguéma, Jaris Kevin Misso appelle l’UDB à dissocier les fonctions gouvernementales des responsabilités internes au parti, afin de mieux responsabiliser chacun et de relancer une formation qu’il juge « en perte de vitesse ».
Dans une lettre datée du mois d’août 2026 et adressée à Brice Clotaire Oligui Nguéma, président fondateur de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), Jaris Kevin Misso, jeune leader politique et candidat aux législatives et locales de 2025, appelle à une refonte en profondeur du fonctionnement du parti au pouvoir. Au centre de sa proposition, une idée simple : confier les postes clés du parti (secrétariat général, vice-présidence, présidence des ligues des femmes et des jeunes, conseil politique) à des militants n’occupant pas, en parallèle, de fonctions gouvernementales.
Selon lui, cette séparation permettrait « à ceux qui sont au gouvernement de gérer l’action exécutive, et à ceux qui sont responsables au sein de l’UDB de se consacrer pleinement à l’action politique, à l’animation, à la mobilisation et au contrôle citoyen ».
Le jeune cadre ne cache pas ses inquiétudes. Depuis la victoire présidentielle du 12 avril 2025, il dit observer une « perte de vitesse » du parti, un « manque de rigueur dans la conduite de sa ligne directrice » et l’absence d’une stratégie claire pour porter les préoccupations des Gabonais. Or, dit-il, « pour un parti présidentiel et un parti au pouvoir, l’UDB se doit d’être le moteur qui fixe le cap et le premier garant de la mise en œuvre de la politique définie par le président de la République ».
Au-delà de la réorganisation interne, c’est un changement de posture que réclame le jeune politique. Il refuse l’image d’un parti qui se limiterait à « mobiliser les foules » et plaide pour une formation « plus proche des populations ». « Le parti UDB doit être une force de proposition et de résolution des problèmes de nos compatriotes, et non un parti réduit aux seules fêtes. Nous devons faire la politique autrement dans la 5e République ».
Les ligues des femmes et des jeunes sont particulièrement visées par cet appel au terrain. Pour Misso, leurs responsables doivent aller « dans les quartiers, y compris les plus défavorisés », plutôt que d’attendre que « les concitoyens viennent au siège pour prendre rendez-vous ». Cette stratégie de proximité, assure-t-il, est la clé pour garantir à l’UDB « un deuxième mandat présidentiel » et de solides résultats aux prochaines législatives et locales.
L’appel de Misso intervient à moins de deux mois d’un congrès appelé à redéfinir les grandes orientations du parti au pouvoir. Pour lui, l’essentiel reste de ne pas « cacher la vérité au Chef », ce qui constituerait, dit‑il, « un début de trahison ». Une formule qui résume le ton de sa lettre, entre loyauté revendiquée et franc‑parler assumé.













