Gabon : l’économie numérique perd 15,1 milliards de fcfa, tandis que les crédits de communication augmentent de 29 %

Le gouvernement gabonais prévoit de réduire de 15,1 milliards de fcfa les crédits consacrés à l’économie numérique en 2027, alors que le programme budgétaire « Communication » bénéficierait d’une augmentation de 3,1 milliards. Selon le projet de loi de finances, l’enveloppe destinée à l’économie numérique passerait de 49,8 à 34,7 milliards de fcfa, soit une diminution de 30 %. À l’inverse, celle de la communication progresserait de 10,7 à 13,9 milliards, en hausse de 29 %. Cet arbitrage intervient alors que le Gabon cherche à développer ses infrastructures de télécommunications, ses services numériques et la modernisation de ses administrations.

La réduction des crédits numériques toucherait presque exclusivement les investissements. Ceux-ci reculeraient de 35,6 à 19,7 milliards de fcfa, soit une baisse de 15,9 milliards. Les dépenses de biens et services augmenteraient légèrement, passant de 11,1 à 12 milliards, tandis que les dépenses de personnel diminueraient de 138 millions. Le gouvernement conserverait donc une partie importante des moyens de fonctionnement du programme, mais réduirait fortement sa capacité budgétaire à financer de nouveaux équipements et projets d’infrastructures numériques.

Les investissements numériques réduits de près de 45 %

Dans le programme « Communication », la progression prend une autre forme. Les dépenses de personnel augmenteraient de 2,1 milliards de fcfa, pour atteindre 5,1 milliards, tandis que les investissements progresseraient de 887 millions, à 6,3 milliards. Les dépenses de biens et services reculeraient légèrement. L’essentiel des ressources supplémentaires serait donc consacré aux rémunérations. Le PLF ne précise pas, dans le tableau de répartition, si cette augmentation correspond à des recrutements, des transferts de personnel ou des modifications de périmètre administratif.

L’écart mérite d’être examiné au regard des engagements de modernisation numérique. Les infrastructures de télécommunications, la dématérialisation des procédures administratives et la sécurisation des systèmes informatiques nécessitent des investissements dont les effets dépassent un exercice budgétaire. Une diminution de 45 % des crédits d’investissement du programme numérique pourrait affecter la programmation de certains projets, sauf si d’autres financements prennent le relais. La ventilation par opération permettra d’identifier les infrastructures maintenues, les projets reportés et les engagements déjà contractualisés.

En 2027, les investissements du programme Communication atteindraient 6,3 milliards de fcfa, contre 19,7 milliards pour l’économie numérique. La comparaison entre ces enveloppes doit tenir compte de leurs missions distinctes, mais elle révèle une progression de la communication au moment où les infrastructures numériques subissent une contraction budgétaire. Le gouvernement devra préciser les résultats attendus des 3,1 milliards supplémentaires consacrés à la communication et identifier les projets numériques concernés par les 15,9 milliards retirés aux investissements. Ces informations permettront de mesurer la cohérence de l’arbitrage avec les ambitions de transformation numérique du pays.

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