Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé le déblocage immédiat d’une enveloppe de 9 milliards de fcfa destinée à la réhabilitation des infrastructures universitaires du pays, à l’issue d’une visite de terrain à l’Université des Sciences de la Santé et d’une audience accordée au ministre de l’Enseignement supérieur, Charles Edgar Mombo. Trois milliards de fcfa seront alloués à chacun des trois grands établissements publics concernés : l’Université Omar Bongo, l’Université des Sciences et Techniques de Masuku et l’Université des Sciences de la Santé.
Selon la présidence, les travaux doivent démarrer dès ce soir et être intégralement achevés le 15 septembre, soit un délai d’à peine plus d’un mois pour des chantiers de réhabilitation lourde. Cette échéance resserrée vise à sécuriser la rentrée universitaire 2026-2027, un objectif politique sensible alors que l’état de dégradation des campus publics gabonais fait l’objet de critiques récurrentes depuis plusieurs années.
L’annonce, formulée dans un communiqué de la Communication présidentielle, ne précise ni le mécanisme de décaissement, ni la ligne budgétaire mobilisée, ni les modalités de passation des marchés qui encadreront ces travaux. Aucune indication n’est donnée sur les entreprises pressenties pour exécuter les chantiers, alors que le secteur des marchés publics gabonais a été marqué ces derniers mois par plusieurs dossiers d’entente directe questionnés par la presse et les autorités de contrôle.
Le calendrier annoncé pose une question opérationnelle centrale : la capacité réelle des équipes techniques à engager, exécuter et livrer des travaux de cette ampleur en cinq semaines, sur trois sites distincts, sans procédure d’appel d’offres apparente. Le gouvernement affirme que les équipes techniques et administratives sont mobilisées et opérationnelles, sans toutefois détailler le dispositif de suivi ou de contrôle de l’exécution budgétaire.
Cette enveloppe s’inscrit dans un contexte de tension persistante sur les finances publiques gabonaises, marqué par une dette souveraine élevée et des négociations en cours avec le Fonds monétaire international. Le décaissement de 9 milliards de fcfa pour l’enseignement supérieur, hors cadre budgétaire ordinaire apparent, invite à un suivi attentif de son exécution effective d’ici la rentrée de septembre.














