Gabon : l’Ogooué-Ivindo peut-elle transformer ses nouvelles infrastructures en croissance économique ?


Dix-sept projets structurants, plusieurs villes concernées et une succession d’inaugurations : sur le plan de l’investissement public, la Fête de la Libération a placé l’Ogooué-Ivindo au premier rang. Mais la quantité d’infrastructures ne dit encore rien de leur contribution future à la croissance. C’est désormais la question essentielle pour une province que Brice Clotaire Oligui Nguema veut faire passer d’un sentiment « d’abandon » à une nouvelle phase de développement.

Toutes les infrastructures n’ont pas le même canal de transmission économique. L’eau réduit une contrainte pesant sur ménages et entreprises. Une route réduit potentiellement temps et coûts de déplacement. Un lycée augmente le capital humain sur le long terme. Un marché facilite les échanges. Une banque peut financer l’investissement privé. Un hôtel accompagne tourisme et déplacements professionnels. Le rendement doit donc être mesuré différemment selon chaque projet.

Le risque consiste à confondre investissement et croissance. Pendant les travaux, les chantiers génèrent commandes, emplois et consommation. Une fois les ouvriers partis, cet effet s’estompe. Pour que l’investissement laisse une empreinte durable, les équipements doivent augmenter la productivité ou permettre l’apparition de nouvelles activités. C’est notamment ce qui distingue une infrastructure utile d’un bâtiment sous-utilisé.

L’entretien devient alors déterminant. Avant les festivités, le chef de l’État avait lui-même insisté pour que l’impact des infrastructures « s’inscrive dans la durée » et qu’elles soient correctement entretenues. L’avertissement est pertinent : chaque équipement supplémentaire crée une obligation budgétaire future. Ne pas financer sa maintenance revient à réduire progressivement le rendement de l’investissement initial.

Le bilan économique de cette offensive ne pourra donc pas être dressé le 30 août 2026. Il faudra observer, dans deux ou trois ans, l’évolution du nombre d’entreprises, des emplois, du commerce, du crédit, de la fréquentation hôtelière et de la qualité des services publics. L’Ogooué-Ivindo vient de recevoir du capital physique. Le véritable enjeu consiste désormais à le convertir en capital productif.

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