Gabon : pivot de la simplification administrative, l’ANPI au cœur du dispositif du PNCD

L’Agence Nationale de Promotion des Investissements occupe, dans la feuille de route issue des travaux du Haut Conseil pour l’Investissement (HCI) de juin 2026, une position centrale que les textes antérieurs ne lui avaient jamais formellement attribuée. Trois groupes thématiques distincts, sécurité juridique, commande publique et PME-PMI, lui confient des missions nouvelles ou substantiellement élargies. C’est une consolidation institutionnelle qui traduit une volonté de faire de l’ANPI le guichet effectif de la transformation du climat des affaires, en cohérence avec les ambitions du Plan National de Développement (PNCD 2026-2030).

La première mission concerne la centralisation des agréments sectoriels. Le rapport est explicite : il s’agit de «centraliser la délivrance des agréments à l’ANPI-Gabon» et d’«adopter un manuel de procédures». Jusqu’ici, l’obtention d’un agrément impliquait de naviguer entre plusieurs administrations sans cohérence de délai ni de procédure. Ce réagencement place l’ANPI comme point d’entrée unique, ce qui répond directement au grief récurrent du secteur privé sur «l’absence d’un parcours de formalisation unique, clair, précis et d’interconnexion des administrations du Guichet de l’Investissement».

La deuxième mission est numérique. Le rapport prévoit la «création d’un portail numérique e-agrément PME-PMI» avec pour objectif de «ramener la délivrance des agréments à 15 jours maximum». Ce délai, aujourd’hui rarement respecté, constituerait une rupture opérationnelle mesurable. Il est adossé à une interconnexion avec les greffes et la plateforme OHADA pour l’immatriculation au RCCM, dont les insuffisances sont explicitement reconnues dans le rapport comme «empêchant quelquefois l’immatriculation».

L’enjeu de dimensionnement est réel. Confier à une même agence la centralisation des agréments, la gestion du guichet unique, l’interconnexion numérique interadministrative et le suivi post-agrément suppose des ressources humaines, techniques et budgétaires à la hauteur. Le rapport acte également qu’il faut «adopter un texte octroyant au Guichet Unique une quote-part sur les frais d’agréments sectoriels pour financer son fonctionnement», ce qui suggère que l’ANPI ne dispose pas aujourd’hui des moyens propres pour assumer ce rôle élargi.

Pour les investisseurs, la concentration de ces fonctions au sein d’une agence unique est une lisibilité bienvenue. Pour les agences de notation comme Fitch et Moody’s, qui intègrent la qualité institutionnelle dans l’évaluation du risque pays, l’indicateur pertinent ne sera pas l’adoption du texte mais son exécution effective. Le Gabon a les instruments. La question est celle du suivi, de la sanction en cas de dérapage de délai, et de la volonté politique de maintenir la pression sur les administrations sectorielles appelées à se dessaisir d’une partie de leurs prérogatives.

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