À quelques heures de la rentrée des classes, fixée au lundi 7 septembre 2026, une partie de l’axe PK11-Malaba-Bangos offre un contraste saisissant avec les ambitions affichées pour les infrastructures du Grand Libreville. Les images prises ce week-end montrent une route empruntée au milieu des habitations, mais dont plusieurs portions restent en terre ou fortement dégradées, avec une chaussée irrégulière et, par endroits, peu d’aménagements visibles pour l’évacuation des eaux. Pour les familles et les travailleurs qui l’empruntent, le retour des fortes pluies risque surtout d’aggraver une situation déjà difficile.
Le problème n’est pourtant pas nouveau. Dès janvier, des habitants de Malaba alertaient publiquement sur l’état d’une route décrite comme dépourvue, sur certaines sections, de caniveaux, de trottoirs et de signalisation. Une partie de l’axe PK11-Malaba, notamment autour du Centre hospitalier régional de Melen, a depuis été réhabilitée. Mais les images prises en direction de Bangos montrent les limites d’une intervention qui ne couvre pas encore toute la continuité de l’itinéraire : le bitume réapparaît à certains endroits avant de céder de nouveau la place à la terre.
Cette situation intervient après trois exercices budgétaires d’une ampleur considérable. Le budget 2024 avait été arrêté à 4 162 milliards de fcfa, celui de 2025 à 4 204,9 milliards, tandis que celui de 2026 atteint 6 358,2 milliards de fcfa, soit environ 14 725 milliards de fcfa cumulés en trois ans. Ces montants doivent être maniés avec précaution : ils correspondent aux enveloppes globales votées de l’État et ne représentent ni 14 725 milliards effectivement dépensés, ni autant d’argent disponible pour les routes. Ils donnent néanmoins l’échelle des moyens programmés depuis la Transition, alors même que l’amélioration des infrastructures figure parmi les priorités affichées du pouvoir.

L’enjeu dépasse d’ailleurs le seul confort des riverains. Le corridor passant par Bangos, Malaba et PK11 a déjà été identifié localement comme un itinéraire susceptible de contribuer au contournement des secteurs congestionnés de la RN1. Un reportage consacré aux voies secondaires du secteur soulignait encore récemment leur potentiel de délestage, tout en relevant leur forte dégradation pendant la saison des pluies. La question n’est donc pas d’affirmer, sans étude de trafic, que PK11-Malaba-Bangos réglerait les embouteillages de Libreville. Elle est de savoir pourquoi un axe pouvant participer à une meilleure répartition des flux n’est toujours pas aménagé de bout en bout.
La rentrée scolaire rend désormais cette interrogation plus pressante. À partir de ce lundi, élèves, parents, enseignants, travailleurs et transporteurs vont retrouver quotidiennement ces portions, tandis que la saison des pluies menace de creuser davantage la chaussée et de compliquer les déplacements. Après près de 14 725 milliards de fcfa de budgets votés sur 2024-2026, PK11-Malaba-Bangos rappelle ainsi une réalité moins spectaculaire que les grands chantiers : à Libreville, la mobilité dépend aussi de quelques kilomètres de voies secondaires dont l’aménagement peut déterminer si un trajet quotidien reste une route… ou devient, à chaque pluie, un parcours d’obstacles.













