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Gabon : plus de 70 000 personnes dans le noir total à Owendo, la SEEG a coupé les ponts !

Bienvenue à Owendo, commune stratégique, poumon industriel du pays, son port national… et désormais capitale africaine de la bougie. Depuis plus de 72 heures, plus de 70 000 âmes ont été purement et simplement effacées du réseau électrique national. Un véritable blocus énergétique imposé par la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) qui, visiblement, a décidé de tester la capacité de résistance des populations à la chaleur étouffante et aux assauts des moustiques, le tout dans une obscurité digne d’un film d’horreur, avec des conséquences néfastes et inimaginables sur les menages.

On croit rêver. Comment une ville entière, qui abrite les infrastructures logistiques les plus névralgiques du Gabon, peut-elle sombrer dans un black-out total pendant trois jours sans que personne ne s’en émeuve au sommet de la compagnie ? Ce n’est plus un délestage technique ou une panne passagère, c’est une rupture de contrat unilatérale. Pendant que les cadres de la SEEG profitent de la climatisation de leurs bureaux de Libreville, Owendo étouffe, subit l’insécurité grandissante que le noir favorise, et regarde ses activités quotidiennes s’effondrer.

Une catastrophe économique pour les ménages

Sur le plan économique, le bilan de ces trois jours de coupure totale est une véritable catastrophe que l’entreprise refuse de voir. Les petites et moyennes entreprises (PME), les poissonneries locales, les ateliers de soudure et les commerces de quartier sont à l’arrêt complet. Pour ceux qui tentent de survivre, il faut aligner les billets de banque pour ravitailler de bruyants groupes électrogènes en carburant. Un surcoût étouffant qui détruit les marges de ces opérateurs économiques déjà fragilisés par le contexte national.

Ce qui rend la situation administrativement comique, a défaut d’être tragique, c’est que la quasi-totalité de ces 70 000 usagers paie son électricité d’avance grâce au système EDAN. L’argent des Owendois est bien au chaud dans les caisses de la SEEG, mais le courant, lui, est aux abonnés absents. C’est un principe commercial révolutionnaire : vous payez d’abord, vous poireautez dans le noir ensuite, et vous n’avez aucun droit de réclamer le produit acheté.

En coupant ainsi les ponts avec Owendo, la SEEG démontre une fois de plus son incapacité chronique à assurer sa mission première de service public. Priver plus de 70 000 citoyens d’électricité en 2026, sans sourciller, est la preuve matérielle d’une gestion structurelle à la dérive. La population d’Owendo est à bout, l’économie locale est asphyxiée, et le silence de mort qui accompagne ce black-out ne fait qu’alimenter une colère populaire légitime qui pourrait bien finir par déborder des quartiers sombres de la commune.

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