Le gouvernement veut injecter 30 milliards de fcfa dans plusieurs projets destinés à Port-Gentil et à l’Ogooué-Maritime. Le montant, annoncé lors du Conseil des ministres tenu le 18 septembre 2026 dans la capitale économique, doit être constitué de 7 milliards de fcfa apportés par l’État, de 11 milliards issus des mécanismes PID-PIH de Perenco et de 12 milliards mobilisés par TotalEnergies. Les deux dernières contributions doivent s’étaler sur cinq ans et tenir compte des engagements déjà programmés.
Cette enveloppe intervient dans un contexte économique que le communiqué décrit lui-même comme difficile. Le gouvernement relève à Port-Gentil la persistance du chômage, notamment chez les jeunes, la réduction ou la cessation d’activité de certaines entreprises, des mouvements de capitaux hors du territoire, un recul de l’attractivité de la ville ainsi que les conséquences de la corruption sur l’activité économique. L’enjeu des 30 milliards ne se limite donc pas à l’embellissement de la ville. Les ressources sont présentées comme un instrument de relance économique et urbaine.
Les investissements envisagés couvrent un périmètre large. Le communiqué mentionne la réhabilitation et le développement des voiries urbaines, l’extension des capacités de production et de distribution d’eau et d’électricité, la construction de marchés, des infrastructures sanitaires, des logements, des villas et immeubles administratifs. S’y ajoutent la réhabilitation de la Foire de Port-Gentil et la construction de l’Université Pierre-Louis Agondjo Okawé. Tous les projets ne disposent toutefois pas encore, dans le communiqué, d’un coût individuel permettant de répartir précisément les 30 milliards.
Le calendrier dépasse par ailleurs les seules échéances immédiates. Après l’Ogooué-Lolo en 2027, l’Ogooué-Maritime doit accueillir en 2028 les célébrations de la Fête de la Libération. Le gouvernement entend utiliser cette échéance pour accélérer les investissements, tout en demandant que chaque projet dispose d’un financement sécurisé, d’un calendrier, d’un responsable identifié et d’indicateurs de résultats. Il ne s’agit donc pas, à ce stade, de 30 milliards déjà entièrement dépensés, mais d’un effort global prévisionnel à mobiliser et exécuter progressivement.
L’exécutif estime que l’ensemble des projets de relance prévus à Port-Gentil pourrait générer environ 7 000 emplois directs et indirects. Ce chiffre ne correspond pas aux seuls investissements de 30 milliards et le communiqué ne fournit pas de ventilation des emplois par chantier. Une partie des postes devrait être accessible aux travailleurs de la manutention, tandis qu’un programme de formation à la conduite d’engins lourds doit être mis en place avec le Génie militaire. L’efficacité de l’enveloppe pourra donc être mesurée non seulement aux infrastructures effectivement livrées, mais aussi aux emplois réellement créés et aux activités économiques générées.













