Plus d’un an après les premières discussions officielles entre le Gabon et Emirates, la perspective de voir la compagnie de Dubaï desservir Libreville reste sans calendrier public. Le 7 août 2025, une délégation conduite par Paulos Legesse, représentant d’Emirates pour l’Afrique, avait rencontré les autorités gabonaises. Le lendemain, l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) confirmait que des discussions préliminaires étaient engagées autour d’une « éventuelle ouverture de ligne vers Libreville ».
Le dossier avait pourtant dépassé le simple échange de courtoisie. Selon l’ANAC, Emirates avait demandé aux autorités gabonaises de lui transmettre les statistiques du trafic passagers du pays. Une donnée essentielle pour mesurer le marché potentiel, déterminer la viabilité commerciale d’une liaison et calibrer une éventuelle desserte. Cette démarche indiquait donc que Libreville faisait, au minimum, l’objet d’une évaluation commerciale de la part du transporteur émirati.
Depuis, les informations publiques se font rares. Au 10 septembre 2026, aucune annonce officielle retrouvée ne précise une date d’ouverture, des fréquences, le type d’appareil qui serait utilisé ou le début de la commercialisation des billets. Il serait donc prématuré de présenter l’arrivée d’Emirates comme acquise : le dossier reste, sur la base des informations publiques disponibles, au stade d’un projet de desserte dont l’issue n’a pas été communiquée.
La question revient pourtant au premier plan au moment où Libreville cherche à renforcer son positionnement aérien. Le ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, vient précisément de se rendre à Dakar pour étudier l’expérience sénégalaise. Pour le Gabon, obtenir une compagnie disposant d’un réseau mondial comme Emirates offrirait surtout une connexion, via Dubaï, vers de nombreux marchés d’Asie et du Moyen-Orient, un enjeu différent mais complémentaire de la connectivité régionale recherchée en Afrique.
Un an après la demande des statistiques de trafic, le principal indicateur sera donc moins la poursuite des discussions que leur traduction commerciale. Emirates a-t-elle jugé le marché gabonais suffisamment important ? Les données demandées ont-elles été transmises ? Une route est-elle toujours à l’étude ? À défaut d’un calendrier ou d’une décision de la compagnie, le projet de desserte internationale reste pour l’instant une ambition à concrétiser.













