spot_img

Notre devoir, servir la vérité.

spot_img

PIP 2026-2028 : les 1 202 milliards de Louise Pierrette Mvono sont-ils réalistes sans recettes supplémentaires ?

Le 11 juin 2026, la ministre de la Planification Louise Pierrette Mvono présentait devant les députés le premier Programme d’Investissement Public de la Ve République. Une enveloppe de 1 202 milliards de fcfa sur trois ans, dont 1 169 milliards au titre du budget général. Un document présenté comme une rupture : plus de rigueur, plus de cohérence, plus d’efficacité. Le cadre est ambitieux. Le financement, lui, mérite qu’on s’y arrête.

Car ce PIP 2026-2028 arrive dans un contexte précis. Le budget rectificatif 2026 vient de couper 968,1 milliards de dépenses d’investissement par rapport à la loi de finances initiale. La raison officielle : des projets inscrits sans études de faisabilité. En clair, l’État a programmé des milliards qu’il ne pouvait pas dépenser. La ministre Mvono repart donc sur des bases assainies. Mais les bases de financement, elles, restent fragiles.

Les recettes budgétaires nettes du PLFR 2026 sont fixées à 2 928,2 milliards de fcfa. Sur ce total, 1 046,5 milliards sont fléchés vers l’investissement sur ressources propres. Le reste du PIP dépendra de financements extérieurs, partenaires techniques et financiers, titres publics, emprunts. Or le Gabon emprunte déjà davantage que prévu : les ressources de trésorerie et de financement augmentent de 65,5 milliards dans le PLFR, via l’émission de titres publics supplémentaires. Et les charges financières de la dette bondissent déjà de 67,7 milliards dans ce même budget.

La réponse donnée aux députés par Mvono est celle-ci : faites-nous confiance sur le cadre. Mais le cadre ne dit pas à quel taux l’État emprunte, ni quels bailleurs ont déjà confirmé leur participation au PIP. Dans un pays dont la note souveraine est maintenue à CCC- par Fitch, chaque emprunt supplémentaire coûte plus cher que pour un voisin mieux noté. Le PIP 2026-2028 peut être un outil puissant de transformation du pays. À condition que son financement soit sécurisé avant que les projets ne soient lancés, et non après, comme ce fut le cas pour les 968 milliards déprogrammés.

le coup de coeur

Derniers Articles

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img