Setrag : face aux accusations de la Fetrag-Setrag, les partenaires sociaux défendent le dialogue social

Au lendemain des accusations de la Fédération des travailleurs du chemin de fer (Fetrag-Setrag) contre la direction générale de la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), l’entreprise a choisi de répondre par la voix de plusieurs partenaires sociaux. Au cœur de cette prise de parole : la défense du dialogue social, présenté comme un mécanisme fonctionnel ayant permis d’obtenir des avancées concrètes au bénéfice des travailleurs.

Lors d’un point de presse organisé le 3 novembre 2026, le président de la Fetrag-Setrag, Terrence Mondjo Mondjo, a dénoncé ce qu’il considère comme une ingérence de la direction générale, conduite par Christian Magni, dans le fonctionnement des organisations syndicales. Il a notamment évoqué des demandes d’explication et des pratiques d’intimidation qui, selon lui, porteraient atteinte à la liberté syndicale garantie par la législation en vigueur.

Face à cela, le responsable syndical a interpellé le ministre du Travail, l’Organisation internationale du travail (OIT) ainsi que les dirigeants du groupe Eramet, maison mère de la Setrag.

La direction oppose l’existence de cadres de concertation

En réaction, la direction générale a privilégié une communication portée par des représentants syndicaux qui défendent une autre lecture du climat social dans l’entreprise.

Ainsi, pour Nzoume Mba Arnauld, président de l’Union des travailleurs du chemin de fer Transgabonais (UTCT), le dialogue social n’est pas une simple déclaration de principe, mais une réalité quotidienne. Il souligne l’existence de rencontres régulières avec la direction, de réunions avec les responsables des ressources humaines et de cadres formels permettant aux organisations syndicales de faire remonter leurs préoccupations. « Nous ne disons pas que tout est parfait, mais nous pouvons affirmer que le dialogue existe et qu’il produit des résultats. Lorsqu’il y a dialogue, il y a des solutions. C’est l’expérience que nous vivons actuellement », affirme-t-il.

Nzoume Mba Arnauld, président de l’Union des travailleurs du chemin de fer Transgabonais (UTCT).

Selon lui, plusieurs avancées sociales découlent directement de ces échanges : régularisation de situations administratives, résolution de dossiers individuels et collectifs et amélioration progressive des conditions de travail. Une expérience qui, à ses yeux, démontre l’efficacité de la négociation face aux logiques d’affrontement.

Les évaluations indépendantes comme argument

Même position du côté de la direction des ressources humaines. Le DRH de la Setrag reconnaît que des divergences peuvent exister, mais estime que la responsabilité des partenaires sociaux consiste à rechercher des solutions dans l’intérêt des salariés et de l’entreprise. « Les divergences peuvent exister, mais notre responsabilité collective est de privilégier le dialogue et la recherche de solutions dans l’intérêt des travailleurs et de l’entreprise », a-t-il confié.

Il met également en avant les évaluations et audits réalisés par des experts indépendants mandatés par les bailleurs de fonds, notamment la Banque mondiale. Selon lui, la dernière mission conduite en octobre, avec la participation des différentes parties prenantes, y compris les organisations syndicales, aurait permis de relever les progrès accomplis et la qualité du dialogue social. Un argument que la direction entend mobiliser pour conforter sa position et poursuivre les échanges avec les représentants du personnel.

Préserver l’outil de travail au-delà des divergences

Cette défense du dialogue social trouve également un écho auprès de Ntandou-Bikouta Davi-Glenn, président du Syndicat des conducteurs et des agents d’accompagnement (SYCAT). Fort de son expérience à la tête de cette organisation depuis 2023, il affirme avoir multiplié les rencontres avec la direction générale.

Ntandou-Bikouta Davi-Glenn, président du Syndicat des conducteurs et des agents d’accompagnement (SYCAT).

Il évoque des divergences déjà rencontrées, mais assure que celles-ci ont toujours pu déboucher sur des compromis. « La direction générale a toujours été ouverte au dialogue social. Pour ceux qui connaissent un peu l’actualité du SYCAT, depuis 2023 que je suis à la tête de cette organisation, nous avons multiplié les rencontres avec la direction générale. La particularité à Setrag c’est que la direction générale a toujours gardé ses portes ouvertes aux partenaires sociaux. Il faut savoir que nous avons déjà eu des divergences, mais nous avons toujours trouvé un consensus pour préserver notre outil de travail », soutient-il.

Au-delà de la controverse, la direction rappelle ainsi que la stabilité sociale constitue un enjeu stratégique pour la continuité de l’activité ferroviaire. Pour elle, défendre les intérêts des travailleurs implique également de préserver l’entreprise et son outil de production.

Reste que deux lectures du climat social s’opposent désormais publiquement au sein de la Setrag : celle de la Fetrag-Setrag, qui dénonce des entraves à la liberté syndicale, et celle des partenaires sociaux qui revendiquent un dialogue opérationnel. Au-delà des déclarations, l’enjeu sera de garantir un cadre dans lequel la liberté syndicale, la négociation et la recherche de compromis puissent effectivement coexister, comme le souhaite la direction générale.

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