Les foires commerciales révèlent chaque année une agro‑industrie gabonaise inventive et dynamique. Mais une fois les stands démontés, ces produits disparaissent presque totalement du paysage quotidien, faute d’espaces de vente pérennes.
Le stade sino‑gabonais d’Akanda abrite, du 13 au 19 août, la 2ᵉ édition de la Foire commerciale de l’indépendance. Sur les 600 stands installés, environ 400 sont occupés par des PME locales. Les organisateurs espèrent accueillir au moins 20 000 visiteurs en cinq jours.
L’événement offre à de nombreux Gabonais l’occasion de découvrir une offre agroalimentaire nationale dont ils ignorent souvent l’existence ou la capacité de production. Confiture de prunes, jus de baobab, poudre de cacao, feuilles de manioc en conserve, biscuits artisanaux : les produits s’y dévoilent, s’y dégustent… mais seulement le temps de la foire. Car une fois les stands démontés, chaque exposant retourne à un relatif anonymat, laissant les consommateurs face à la même question : où trouver ces articles le reste de l’année ?

Ni les achats en ligne, ni les commandes par téléphone ne changent réellement la donne : ces modes de vente ne sont pas encore, pour la majorité des Gabonais, un réflexe de consommation. Dans les grandes surfaces, la place accordée aux produits locaux demeure marginale : un rayon relégué en bout de magasin, peu visible, pour ne pas concurrencer les importations. Les boutiques dédiées sont quant à elles rares et esseulées. Résultat : il devient difficile de se procurer du Made in Gabon au quotidien.
Avec une agro‑industrie encore embryonnaire, une offre groupée et pérenne pourrait pourtant être déterminante. Plusieurs acteurs du secteur estiment qu’un espace permanent — physique ou hybride — faciliterait la visibilité, la distribution et la montée en gamme des produits locaux. Le succès de ces foires prouve d’ailleurs que la demande existe. Mais consommer local suppose que les clients sachent ce qui est produit, et où l’acheter.
Reste à savoir qui pourrait porter la création d’un site pérenne : l’État ? Les commerçants, en se regroupant ? La question demeure ouverte. Une chose est certaine, une dynamique collective permettrait de tirer l’ensemble des producteurs vers le haut.














