‎Croissance : le Gabon fait mentir (pour l’heure) les prévisions extérieures

‎Alors que la Banque africaine de développement tablait sur une « croissance poussive » du Gabon de 2,7 % pour 2026, le Comité national économique et financier a confirmé ce vendredi une croissance proche de 4 % pour le Gabon, en ligne avec les prévisions de sa loi de finances rectificative 2026.

‎En matière de prévisions économiques, l’année 2026 aura été un exercice de contradictions pour le Gabon. En mars, la Banque mondiale plaçait le pays en tête de la sous-région CEMAC avec un taux attendu de 3,7 % en 2026. Deux mois plus tard, la Banque africaine de développement (BAD) douchait cet optimisme en ne retenant que 2,7 % dans son rapport sur les perspectives économiques en Afrique. Un chiffre qu’elle jugeait « insuffisant pour répondre aux besoins économiques et sociaux du pays ». 

‎Entre ces deux évaluations, Libreville avait déjà tranché : la loi de finances rectificative, adoptée en conseil des ministres le 22 mai, ramenait la prévision initiale de 6,5 % à un objectif plus mesuré de 4 %.

‎C’est ce dernier chiffre que les données de terrain viennent conforter. Réunis vendredi au siège de la Banque des États de l’Afrique centrale à Libreville, les membres du CNEF (administration, banques, assurances et secteur du crédit) ont validé une croissance de 4 %, largement supérieure à la moyenne sous-régionale de 2,5 %. Le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, y voit la confirmation d’une trajectoire vertueuse, plutôt qu’un simple heureux hasard statistique.

Le hors-pétrole comme moteur

‎Cette performance ne doit rien au pétrole, comme l’avait également anticipé le gouvernement d’Oligui Nguéma. Le BTP, l’agro-industrie, l’agriculture et les services portent l’essentiel de la dynamique, selon le CNEF, dans la continuité des efforts de diversification engagés depuis quelque temps.

‎Le gouvernement ne compte pas s’arrêter à ce palier. Avec l’entrée en activité annoncée de nouveaux projets, notamment dans la transformation des minerais, l’exécutif table sur une accélération vers 5 à 6 % de croissance dans les prochaines années, comme l’a confirmé le ministre de l’Économie ce vendredi

‎Le tableau du CNEF n’est cependant pas exempt de zones d’ombre. L’accès aux devises reste problématique pour certains usagers, une question que le Comité entend traiter en coordination avec la BEAC. Pour le reste, la photographie financière est apaisée : banques, microfinance et assurances affichent une situation jugée globalement satisfaisante, les quelques ajustements nécessaires restant, selon Thierry Minko, « mineurs et sous contrôle ».

‎Le Comité National Économique et Financier (CNEF) est un organe national placé sous l’égide de la BEAC qui analyse la situation économique, monétaire et financière de chaque pays membre de la CEMAC.

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