Le Gabon prévoit 1 879,5 milliards de fcfa d’amortissement de la dette en 2027. Cette somme apparaît dans les charges de trésorerie et de financement du projet de loi de finances et correspond au remboursement du principal des dettes arrivant à échéance. Elle doit être distinguée des 667,3 milliards de fcfa de charges financières de la dette, inscrites séparément dans les dépenses budgétaires. Pour le gabonais lambda, la différence est fondamentale : les 1 879,5 milliards remboursent du capital déjà emprunté, tandis que les 667,3 milliards correspondent au coût financier supporté par l’État.
Le poids de ces remboursements apparaît lorsqu’on les rapproche des 3 291,7 milliards de fcfa de recettes attendues en 2027. L’amortissement représente l’équivalent d’environ 57 % de ces recettes. Cela ne signifie pas que 57 % des impôts, taxes et revenus pétroliers seront directement versés aux créanciers, car l’État prévoit parallèlement de lever de nouvelles ressources. Mais le ratio donne une idée de l’importance des échéances financières auxquelles le Trésor devra faire face au cours de l’exercice.
À ces remboursements s’ajoutent 142,9 milliards de fcfa destinés à l’apurement des arriérés. Au total, les charges de trésorerie et de financement atteindraient ainsi 2 022,4 milliards de fcfa. L’amortissement de la dette en représente à lui seul près de 93 %. Une part considérable des mouvements financiers prévus pour 2027 servira donc à honorer des engagements contractés antérieurement plutôt qu’à financer de nouvelles dépenses.
Pour les ménages et les entreprises, cette mécanique explique pourquoi un budget de 6 223,1 milliards de fcfa ne peut pas être assimilé à autant d’argent disponible pour les infrastructures et les services publics. Plus les remboursements de dette occupent une place importante, plus l’État doit arbitrer entre ses engagements financiers, son fonctionnement et ses investissements. Les entreprises qui travaillent avec l’administration sont également concernées : la capacité de l’État à régler ses fournisseurs dépend en partie de la trésorerie restant disponible après ses principales échéances.
Le budget 2027 prévoit d’ailleurs simultanément de rembourser d’anciennes dettes et de mobiliser de nouveaux financements. L’État inscrit 300 milliards de dette bancaire, 600 milliards à rechercher sur le marché sous-régional ou intérieur et 1 144,1 milliards sur le marché international. Pour les contribuables, l’enjeu se prolonge donc au-delà de 2027 : les nouveaux financements remboursables mobilisés aujourd’hui généreront à leur tour des échéances dans les exercices futurs.













