Gabon : en 2025, l’État a dépensé près de 4,5 millions de fcfa chaque minute

En 2025, les dépenses budgétaires effectivement exécutées par l’État gabonais ont atteint 2 351,8 milliards de fcfa, selon le projet de loi de règlement présenté au Conseil des ministres du 18 septembre 2026. Rapporté aux 365 jours de l’année, ce montant représente environ 6,44 milliards de fcfa dépensés par jour, 268,5 millions par heure et 4,47 millions de fcfa par minute. Il s’agit ici de dépenses effectivement exécutées, et non du budget initialement annoncé : l’État avait prévu 2 794,5 milliards de fcfa de dépenses budgétaires, soit un taux d’exécution final de 84,2 %. 

Ces 4,47 millions de fcfa par minute recouvrent plusieurs catégories de dépenses. Le budget général a représenté 2 191,6 milliards de fcfa, tandis que les comptes spéciaux ont enregistré 160,1 milliards de dépenses. À l’intérieur du budget général, le fonctionnement a absorbé 1 203 milliards de fcfa : 809,1 milliards pour le personnel, 201,9 milliards pour les biens et services et 191,9 milliards pour les transferts. À eux seuls, les salaires ont donc représenté plus du tiers de l’ensemble des dépenses budgétaires exécutées en 2025. 

La dette constitue un autre poste important. Les seules charges financières de la dette ont atteint 504,4 milliards de fcfa, alors que 349,5 milliards avaient été prévus. Cela représente environ 1,38 milliard de fcfa par jour ou près de 960 000 de fcfa par minute. L’investissement public a, lui, atteint 435,2 milliards de fcfa, soit environ 1,19 milliard par jour et 828 millions par minute. Ainsi, sur une minute théorique de dépenses publiques en 2025, l’État consacrait davantage aux charges financières de la dette qu’à l’investissement. 

Le chiffre de 4,47 millions de fcfa par minute ne signifie évidemment pas que le Trésor effectuait un paiement de cette somme toutes les soixante secondes. Il s’agit d’une moyenne arithmétique destinée à donner une échelle aux 2 351,8 milliards dépensés sur l’ensemble de l’année. Dans la réalité, les décaissements sont irréguliers : salaires, factures, investissements ou charges financières sont réglés suivant des calendriers différents. Pour les citoyens, cette conversion permet surtout de comprendre la taille de la machine budgétaire : chaque heure de dépenses exécutées en 2025 équivaut, en moyenne, à près de 269 millions de fcfa.

L’exécution montre également que disposer d’un crédit au budget ne signifie pas nécessairement le dépenser. Sur les 2 794,5 milliards de fcfa prévus, 442,7 milliards n’ont pas été exécutés. Le projet de loi de règlement mentionne par ailleurs l’annulation de 398,4 milliards de crédits non consommés du budget général. Pour les Gabonais, la question n’est donc pas seulement de savoir combien l’État dépense chaque minute, mais ce qu’il parvient effectivement à transformer en services et investissements : en 2025, l’investissement n’a été exécuté qu’à 73,4 %, contre 98 % pour les dépenses de personnel et 144,3 % pour les charges financières de la dette. 

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