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Gabon : 35 milliards de fcfa de rappels de solde tombent pile au moment de l’austérité

Ce 15 juin, le président Brice Clotaire Oligui Nguéma annonce le lancement de la troisième et dernière phase de paiement des rappels de solde des agents publics, pour un montant de 35 milliards de fcfa, portant le cumul versé en deux ans à 105 milliards de fcfa. L’annonce intervient cinq jours seulement après l’ouverture, au Parlement, de l’examen du projet de loi de finances rectificative 2026, qui ramène le budget de l’Etat de 6 358,2 à 5 495,2 milliards de fcfa, soit une contraction de 862,9 milliards de fcfa.

Le gouvernement lui-même présente ce collectif budgétaire comme un geste de discipline destiné à répondre à la baisse des recettes pétrolières et à préparer la conclusion d’un programme avec le FMI. Le ministère de l’Economie avait d’ailleurs justifié la démarche globale envers les bailleurs par la volonté de « renforcer la transparence, la rigueur budgétaire et la soutenabilité des finances publiques ».

Or, dans ce même texte budgétaire présenté comme rigoureux, une information a échappé à l’attention publique jusqu’à ce que GabonReview l’extraie du tableau de financement de l’article 97 : un emprunt d’1,5 milliard de dollars confié à la Société Générale, contracté « sans annonce publique ». Une dette d’ampleur significative, absente de toute communication officielle, glissée dans le même document qui revendique la rigueur.

Les rappels de solde ne sont pas, en eux-mêmes, une dépense nouvelle : il s’agit d’arriérés légalement dus aux agents publics, et leur règlement répare une injustice ancienne. Mais la coïncidence de calendrier interroge sur la cohérence du récit gouvernemental : annoncer un déblocage de 35 milliards comme un succès du mandat la même semaine où le Parlement vote une coupe de 863 milliards revendiquée comme un acte de rigueur, pose la question de l’arbitrage réel entre les engagements honorés et les économies recherchées.

Quelques mois après la demande officielle d’un programme avec le FMI, la signature reste reportée à la fin de l’année 2026, et le Président a lui-même reconnu, dans un entretien à France 24, que les estimations de la dette héritée de la Transition ne concordaient pas entre elles, l’une évoquant 7 500 milliards de fcfa, l’autre près de 8 000 milliards de cfa. C’est dans ce climat d’incertitude chiffrée que s’inscrit la communication sur les rappels de solde.

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