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Gabon : la rigueur frappe les fonctionnaires, pas les fonds sociaux en déficit

Deux mesures d’économie touchant directement le portefeuille des ménages ont été glissées presque en aparté dans l’adresse présidentielle : le retrait de la prime de transport pour les fonctionnaires disposant d’un véhicule de service, et la fin annoncée de la gratuité des bus urbains, dans le cadre de la fusion de la SOGATRA et de TRANS’URB en une compagnie nationale interurbaine appelée à devenir financièrement autonome.

Un déséquilibre profond

Au même moment, l’architecture de protection sociale que ces économies sont censées alléger reste, par l’aveu même du Chef de l’Etat, en déséquilibre profond. Dans un aparté hors texte officiel, il a résumé sans détour le problème de la CNAMGS : « 660 mille contribuants ne peuvent pas soigner 1.300.000 malades ». La réponse retenue n’est pas une recapitalisation budgétaire directe, mais l’élargissement de l’assiette de cotisation aux plus petits métiers informels, les mairies étant appelées à devenir collecteurs en répartissant une partie du prix des étals de marché entre la CNSS et la CNAMGS.

La CNSS, de son côté, doit selon le discours présidentiel étendre à court terme sa couverture aux travailleurs indépendants, une population dont les revenus sont par construction irréguliers, alors même que la caisse sœur destinée aux salariés plus stables est décrite, dans le même discours, comme déjà débordée par son fichier actuel.

Quid des gardes-fous ?

La Caisse des Pensions et des Prestations Familiales a, pour sa part, épongé 57 des 66 milliards de fcfa d’arriérés dus depuis sept ans aux retraités, un résultat concret et vérifiable. Mais l’étape suivante annoncée, sa transformation en investisseur institutionnel chargé de contribuer au financement de l’économie nationale, signifie que des réserves vouées aux pensions des agents publics se voient confier une mission de développement distincte de leur mandat d’origine, sans que les garde-fous de cette diversification soient précisés.

La rigueur budgétaire, telle qu’elle se décline dans ce discours, retire une prime mensuelle aux fonctionnaires et la gratuité aux usagers des bus, mais confie aux caisses sociales en déficit de nouveaux assujettis plutôt que de nouvelles ressources publiques directes. La contrainte financière se répercute sur la population salariée et sur les petits métiers informels appelés à cotiser davantage, pas sur la structure de financement de l’Etat lui-même.

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