L’opérateur américain Vaalco Energy a annoncé ce lundi la mobilisation de son appareil de forage vers la plateforme SEENT pour le forage du puits ETBNM-3, qui ciblera des ressources en gaz et en condensats dans le réservoir Dentale D15, à North Tchibala. Une première pour la compagnie sur ce gisement, présente dans le bloc Etame Marin depuis 1995. Mais derrière l’annonce technique, c’est l’usage prévu de cette ressource qui interroge.
Une logique strictement industrielle
Selon le communiqué officiel, « le gaz naturel produit par un puits productif sera utilisé à des fins opérationnelles dans le champ, afin de réduire significativement les coûts du diesel, plus onéreux, actuellement acheminé sur site par navire. » En clair : ce gaz extrait du sous-sol gabonais ne sera ni vendu, ni exporté, ni injecté dans un quelconque réseau national. Il alimentera exclusivement les générateurs et équipements de Vaalco, pour faire fonctionner ses propres installations à moindre coût.
Une logique strictement industrielle, qui pose une question simple : le Gabon dispose-t-il d’un cadre clair sur la valorisation du gaz associé découvert sur ses blocs offshore ? Existe-t-il une redevance spécifique sur ce type de gaz autoconsommé, ou échappe-t-il à toute fiscalité du seul fait qu’il ne quitte jamais le périmètre du champ ? Ces questions ne trouvent pas de réponse dans la communication de Vaalco, naturellement tournée vers ses actionnaires et la réduction de ses charges d’exploitation.
Des résultats flatteurs
Pendant ce temps, la compagnie affiche des résultats flatteurs sur l’ensemble de son portefeuille : un débit initial supérieur à 8 000 barils par jour bruts sur le puits Ebouri-5H, et un PDG qui se dit confiant pour un reste d’année 2026 profitable. Des chiffres qui parlent aux investisseurs de Houston. Reste à savoir ce qu’ils signifient vraiment, à Libreville, pour une ressource gabonaise valorisée au seul bénéfice opérationnel de l’opérateur qui l’extrait.














