Gabon : 5 turbines et 100 MW pour reconquérir la confiance électrique du Grand Libreville

Le Grand Libreville s’apprête à recevoir un renfort électrique très attendu, alors que la région subit des coupures intempestives de courant depuis plusieurs jours. Depuis le dimanche 6 septembre, cinq nouvelles turbines à gaz, représentant une puissance cumulée annoncée de 100 MW, ont été acheminées du port commercial d’Owendo vers la centrale thermique d’Akournam. Pendant trois jours, jusqu’au 8 septembre, ces équipements traverseront une partie de l’agglomération sous escorte. Derrière cette imposante opération logistique se joue surtout une bataille devenue quotidienne pour les habitants de Libreville, Akanda et Owendo : retrouver une alimentation électrique plus régulière.

Pour la SEEG, l’arrivée de ces turbines doit permettre de renforcer et de sécuriser la production d’Akournam, l’un des maillons du dispositif alimentant la capitale et sa périphérie. Certaines communications autour du projet évoquent une capacité d’environ 100 MW garantis, contre 55 MW auparavant. Un saut significatif sur le papier, alors que les délestages et incidents sur le réseau ont progressivement installé l’électricité parmi les principales préoccupations des ménages comme des entreprises du Grand Libreville.

Mais le passage du port d’Owendo à Akournam ne constitue que la première étape. Les turbines devront encore être installées, raccordées, testées puis mises en exploitation avant que leur puissance puisse effectivement être injectée sur le réseau. Les 100 MW annoncés correspondent donc à une capacité de production et ne signifient pas que 100 MW supplémentaires seront immédiatement disponibles pour les consommateurs. La disponibilité du combustible, la fiabilité des équipements ainsi que les capacités de transport et de distribution resteront déterminantes.

L’enjeu dépasse d’ailleurs le confort des ménages. Dans le Grand Libreville, les coupures d’électricité touchent directement les commerces, les petites entreprises, les services et les activités industrielles, notamment autour d’Owendo. Chaque amélioration durable de l’offre électrique peut réduire le recours aux groupes électrogènes et les coûts supplémentaires qu’ils imposent aux acteurs économiques. Le véritable indicateur de réussite d’Akournam sera donc moins la puissance inscrite sur les turbines que la diminution effective de la fréquence et de la durée des délestages.

Ces cinq turbines placent ainsi la politique énergétique du gouvernement devant une épreuve particulièrement visible. Après plusieurs annonces de nouvelles capacités de production à Libreville et dans l’intérieur du pays, Akournam offre désormais un test grandeur nature : transformer des équipements arrivés sur le territoire en électricité effectivement disponible. Pour les habitants du Grand Libreville, la reconquête de la confiance ne se mesurera pas en mégawatts annoncés, mais en heures d’électricité réellement fournies.

le coup de coeur

Derniers Articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img