Gabon : internet plus lent, les parieurs en ligne parmi les premiers touchés

L’indice du chiffre d’affaires de la téléphonie a reculé de 6,2% au premier trimestre 2026, un repli que la DGEPF explique par « l’érosion continue des revenus du segment Voix, couplée à une baisse des services data et de l’internet haut débit, dans un contexte de restriction des réseaux sociaux ». C’est l’une des rares fois où un document économique officiel établit un lien statistique direct entre des mesures de restriction d’accès à internet et un recul mesurable de l’activité économique.

Ce lien ne s’arrête pas aux seuls opérateurs télécoms. La même note précise, dans la partie consacrée aux services rendus aux particuliers, que « le segment des jeux en ligne a été directement affecté par les restrictions d’accès à la connexion internet, dont les limitations ont également pesé sur la dynamique globale du commerce électronique ». Concrètement, cela signifie que les jeunes Gabonais qui utilisent des plateformes de jeux en ligne, ainsi que les commerçants vendant via internet, ont vu leur activité perturbée par ces restrictions.

Pour comprendre l’ampleur de cet impact, il faut regarder les chiffres globaux : les services rendus aux particuliers reculent de 4,3% sur le trimestre, une contre-performance directement liée, selon la DGEPF elle-même, à ce facteur de restriction d’accès. C’est donc un même événement de politique publique qui se retrouve à l’origine de deux reculs sectoriels distincts au même trimestre, télécoms d’un côté, services aux particuliers de l’autre.

Cette situation touche concrètement le quotidien numérique des Gabonais, particulièrement des jeunes générations pour qui les jeux en ligne et les réseaux sociaux occupent une place importante dans les usages quotidiens d’internet. Au-delà du loisir, c’est aussi une partie de l’économie numérique naissante du pays, commerce électronique compris, qui se retrouve freinée par ces mêmes restrictions.

La note ne précise ni la durée exacte ni la nature précise de ces restrictions au cours du trimestre, ce qui limite la possibilité de mesurer précisément leur coût économique total. Mais le simple fait qu’un document de politique économique officiel reconnaisse cet impact, dans deux secteurs distincts, constitue une base factuelle rare pour évaluer le prix payé par l’économie numérique gabonaise, et par ses utilisateurs les plus jeunes, à ces mesures.

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