Gabon : la masse salariale de l’État a absorbé plus de 1,5 million de fcfa chaque minute en 2025

L’État gabonais a consacré 809,1 milliards de fcfa aux dépenses de personnel en 2025. Répartie sur l’ensemble de l’année, cette enveloppe représente environ 2,22 milliards de fcfa par jour, 92,4 millions par heure et 1,54 million de fcfa par minute. Ces chiffres proviennent de l’exécution budgétaire définitive présentée dans le projet de loi de règlement 2025 : le taux d’exécution des dépenses de personnel s’est établi à 98 %, l’un des niveaux les plus élevés parmi les grandes dépenses de fonctionnement de l’État. 

Les salaires et autres dépenses de personnel constituent ainsi la principale composante des 1 203 milliards de fcfa de dépenses de fonctionnement exécutées en 2025. Ils représentent environ 67 % de cette enveloppe. Les biens et services n’ont absorbé que 201,9 milliards, tandis que les transferts ont atteint 191,9 milliards. Autrement dit, sur 100 de fcfa consacrés au fonctionnement de l’État, environ 67 de fcfa ont concerné le personnel, 17 de fcfa les biens et services et 16 de fcfa les transferts. 

Le poids de la masse salariale apparaît également lorsqu’on la compare à l’ensemble des dépenses budgétaires. Sur 2 351,8 milliards de fcfa effectivement dépensés en 2025, les dépenses de personnel représentent environ 34,4 %. Elles ont ainsi été près de deux fois supérieures aux 435,2 milliards consacrés à l’investissement. Pour chaque franc dépensé en investissement, l’État a consacré environ 1,86 franc aux dépenses de personnel au cours de l’exercice. Cette comparaison ne signifie pas que ces dépenses sont interchangeables : elle permet de mesurer leur poids respectif dans l’exécution budgétaire.

Les écarts d’exécution sont également significatifs. Les dépenses de personnel ont été exécutées à 98 %, alors que les biens et services n’ont atteint que 53,4 % de leur prévision, les transferts 54,7 % et les investissements 73,4 %. Les rémunérations constituent en effet une dépense récurrente que l’État doit assurer tout au long de l’année. Pour les citoyens, cela signifie qu’en période de tension budgétaire, certaines dépenses peuvent être reportées ou moins exécutées alors que la rémunération des agents publics continue d’occuper une place relativement rigide dans les comptes de l’État. 

L’expression « 1,54 million de fcfa par minute » reste une moyenne, et non le rythme réel des paiements de salaires. Elle permet néanmoins de matérialiser ce que représentent 809,1 milliards sur une année. Pour les contribuables, l’enjeu est ensuite celui du service rendu en contrepartie de cette dépense : administration, enseignement, santé, sécurité et autres services publics reposent notamment sur les personnels rémunérés par le budget. Le projet de loi de règlement fournit le montant dépensé et son taux d’exécution ; il ne fournit cependant pas, dans ce passage, le nombre total d’agents rémunérés ni un coût moyen par fonctionnaire, ce qui interdit d’en déduire un salaire moyen à partir de ces seuls chiffres. 

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