La croissance de l’assurance-vie pourrait donner l’image d’un marché en plein décollage. Les primes augmentent de 7,97 % en 2025, atteignant 41,330 milliards de fcfa, alors que les assurances dommages reculent. Mais derrière cette performance se cache une forte concentration : 67,06 % des primes Vie proviennent de contrats collectifs.
Ces contrats représentent 27,716 milliards de fcfa, contre 13,614 milliards pour les contrats individuels. Leur progression atteint 11,07 %, plus du double des 4,81 % enregistrés sur l’individuel. La croissance du marché repose donc davantage sur les dispositifs couvrant des groupes que sur une accélération généralisée des souscriptions individuelles. L’épargne collective concentre à elle seule 17,454 milliards de fcfa, soit 42,23 % de tout le marché Vie. Elle progresse de 7,57 %. À l’inverse, l’épargne individuelle baisse de 2,20 %, à 10,670 milliards.
Le segment le plus directement associé à l’épargne souscrite individuellement ne participe donc pas à la hausse générale. Certains petits produits individuels enregistrent pourtant des taux de croissance élevés. Les assurances en cas de décès progressent de 42,76 %, les contrats mixtes de 40,32 % et la capitalisation de 42,78 %. Mais leurs volumes demeurent trop faibles pour modifier fondamentalement la structure d’un marché dominé par l’épargne et les contrats collectifs.
Cette concentration constitue l’une des limites à garder en tête lorsqu’on analyse les 7,97 % de croissance. La FEGASA reconnaît elle-même que le taux de pénétration de l’assurance au Gabon reste inférieur à celui d’économies comparables et souhaite étendre davantage la couverture, notamment vers les travailleurs du secteur informel et les zones rurales. La progression de la Vie est donc réelle ; son élargissement à une base plus vaste d’assurés reste un autre chantier.














