Au premier trimestre 2026, la production nationale de manganèse a progressé de 8,4% en glissement trimestriel, seule branche extractive à afficher une performance positive sur la période. Cette dynamique tranche nettement avec la contre-performance des hydrocarbures, le pétrole reculant de 4,0% et le gaz naturel commercialisé chutant de 44,9% sur les trois premiers mois de l’année.
Cette embellie du manganèse s’explique par la bonne tenue des mines de Moanda et par la reprise progressive de celle de Franceville, deux bassins de production qui compensent en partie l’arrêt du site d’Okondja, à l’arrêt depuis novembre 2025. Malgré cette suspension, l’indice global de la branche manganèse ne recule que de 1,8% en glissement annuel, une baisse largement inférieure à celle des activités extractives dans leur ensemble.
L’effet du minerai se retrouve également dans les statistiques du commerce extérieur. À l’export, le chapitre minerais, dominé par le manganèse type RSD, affiche une hausse spectaculaire de 150,1% en valeur au premier trimestre 2026, avec une progression de 14,2% en glissement annuel. Cette catégorie pèse pour 174,4 points sur 1 000 dans la pondération de l’indice global des exportations gabonaises, un poids qui confirme le rôle structurant du minerai dans les recettes extérieures du pays.
Ce sursaut manganèse intervient alors que l’ensemble des activités extractives affiche un recul de 2,9% sur le trimestre, contre -7,9% un an plus tôt. La comparaison montre que la baisse globale s’est atténuée, et que le manganèse constitue désormais le principal amortisseur face au repli conjoint du pétrole et du gaz, deux segments frappés par des arrêts techniques et des incidents opérationnels, dont l’explosion d’un pipeline.
Dans un contexte où l’expansion mondiale ralentit à 3,1% et où les prix des matières premières énergétiques s’envolent de 23% selon l’indice composite des cours de la CEMAC, la résilience du manganèse gabonais illustre la capacité du secteur minier à absorber une partie des chocs externes qui pèsent sur les hydrocarbures. Reste à savoir si cette dynamique se maintiendra une fois le site d’Okondja relancé.













